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Vie / Mort

Q: Que savons-nous de la vie de Marie ?

A: À la requête de nombreux lecteurs, nous présentons ci-dessous un résumé général de la vie de la mère de Jésus, Marie. Les Écritures canoniques (en particulier les Évangiles) constituent la première source d’information au sujet de Marie. Quoique réduites – encore que les passages où il est directement question de Marie dans le Nouveau Testament couvrent 144 versets, si on omet les 11 versets du chapitre 12 de l’Apocalypse –, il y a plusieurs références explicites à Marie dans l’Écriture. Et de celles-ci, on peut en outre déduire des données supplémentaires. Par exemple, l’Évangile fait référence au règne d’Hérode le Grand, mais ses dates sont passées sous silence. C’est grâce aux sources extra bibliques qu’on a pu alors déterminer la chronologie de ce règne.

En outre, certains événements de la vie de Marie sont commémorés au travers des cycles liturgiques de nombreuses églises chrétiennes (p.ex. la nativité de Marie). Certains récits non bibliques – de valeur historique limitée – ont brodé sur la signification spirituelle de ces événements. Ces récits nous en disent plus sur la vie de l’Église que sur celle de Marie. Toutefois, l’intégrité du noyau des faits est assurée par la présence de l’Esprit Saint dans la conduite de l’Église.

Enfin, il y a quantité d’autres textes qui prétendent offrir des récits détaillés de la vie de Marie. On compte parmi eux d’anciens textes apocryphes jamais acceptés dans le canon des Écritures ainsi que des récits plus récents basés sur des révélations privées. Les spécialistes tendent à dénier toute valeur historique à ces récits. Le fait que ces récits se contredisent les uns les autres prouve que ces récits ne sont pas tous complètement fiables. De plus, l’Église enseigne qu’aucun de ces récits non canoniques ne doit être tenu pour vrai avec la certitude de la foi divine. Nous ferons néanmoins état des plus connus d’entre eux.

Table chronologique d’événements de la vie de Marie

Années                      Événements

23-20                    av. JC Conception immaculée de Marie
                             Naissance de Marie, fille de Anne et Joachim

20/17                   av. JC Présentation de Marie au Temple

11/8                     av. JC Fiançailles avec Joseph (Mt 1,16 ; Lc 1,27)

7                          av. JC Annonciation à Marie de la naissance du Christ (Lc 1,26-38)
                            Visitation de Marie à Élisabeth (Lc 1,39-56)
                            Joseph se rend compte que Marie est enceinte (Mt 1,18-25)

7/6                       av. JC Naissance de Jésus à Bethléem (Lc 2,1-19)
                            Circoncision de Jésus à l’âge de 8 jours (Lc 2,21)
                            Purification de Marie après 40 jours (Lc 2,22-24)
                            Prophétie de Siméon concernant Jésus et Marie (Lc 2,25-35)
                            La prophétesse Anne parle de Jésus (Lc 2,36-38)
                            Retour à Nazareth (Lc 2,39)

6/4                       av. JC Adoration des Mages (Mt 1,1-11)
                             Fuite en Égypte pour protéger Jésus des mains d’Hérode (Mt 2,13-14)

4-?                       av. JC Retour à Nazareth après la mort d’Hérode

6                           apr. JC Jésus est trouvé au Temple à Jérusalem (Lc 2,41-50)

6-?                        apr. JC Vie de Marie et Joseph avec Jésus à Nazareth (Lc 2,51)

27/28-30              apr. JC Marie aux noces de Cana (Jn 2,1-11)
                             Marie avec Jésus durant sa vie publique (Mt 12,46-50 ; Mc 3,31-35 ; Lc 8,19-21 ; Jn 2,12-13)
                             Jésus loue indirectement Marie pour sa foi (Lc 11,27-28)

30                         apr. JC Marie au pied de la Croix (Jn 19,25-27)
                             Marie au Cénacle avec les Apôtres après l’Ascension de Jésus (Ac 1,14)

?                           Assomption de Marie qui rejoint son fils au ciel

Pour plus d’informations voir :

La Page de Marie QFP n° 2

La Page de Marie QFP n° 3


Q: Que nous dit l’Écriture au sujet de la vie de Marie ?

A: La Bible ne dit rien des premières années de la vie de Marie. Centrée sur Jésus, l’Écriture commence à considérer Marie en fonction des origines du Messie. En Ga 4,4-5, Paul nous parle ainsi des racines juives de Marie pour situer l’arrière-plan de Jésus.

Vie à Nazareth

Luc nous rapporte que Marie vivait à Nazareth lorsque l’ange Gabriel lui annonça qu’elle allait concevoir Jésus de par l’Esprit Saint (Lc 1,26). Lc 1,5 date ces événements du règne d’Hérode le Grand. Les spécialistes estiment que ce règne a duré de 37 à 4 av. JC. Luc ajoute qu’à ce moment Marie était fiancée à « un homme de la maison de David, nommé Joseph » (v. 27). La coutume juive fixait à 12 ans et demi l’âge normal des fiançailles pour une fille.
La conversation de Marie avec l’ange est décrite aux vv. 28-38. Certains biblistes et théologiens lisent dans la question de Marie sur la naissance annoncée (v. 34 : « Comment cela se fera-t-il puisque je suis vierge ? ») son intention de rester vierge pour la vie.
La Bible ne fournit pas une généalogie exacte de Marie, mais nous sommes en mesure de faire quelques conjectures sur son arrière-plan familial. Notons que Lc 1,32 permet d’envisager la possibilité que Marie soit une descendante de David. Ce n’est toutefois qu’une possibilité et nous devons nous souvenir que les autres textes du Nouveau Testament ne précisent pas que Marie descende de David. Cependant, nous pouvons dire que, par son mariage avec Joseph, Marie est entrée dans sa famille et est devenue légalement membre de la maison royale de David. Il est aussi possible que Marie soit de la lignée sacerdotale d’Aaron. Cette hypothèse est basée sur le fait que Lc 1,5 signale que la cousine de Marie, Élisabeth, est une descendante d’Aaron.

Visite à Élisabeth
Lc 1,39-56 relate la visite que Marie a faite à Élisabeth et à son époux Zacharie. Le célèbre cantique de Marie, le Magnificat, est prononcé à cette occasion. Comme Marie parlait probablement l’araméen, il est possible que la traduction offerte par Luc dans un grec soigné diffère quelque peu des paroles réelles de Marie. Toutefois, la ressemblance du Magnificat de Luc avec les prières de femmes de l’Ancien Testament (p.ex. de Déborah ou Anne) et d’autres prières juives traditionnelles indique que le Magnificat (p.ex. la Amidah) a bel et bien pu être proclamé par la femme juive pieuse qu’était Marie.

Naissance de Jésus à Bethléem
Matthieu (2,1) et Luc (2,4) nous racontent que Marie a mis Jésus au monde à Bethléem. Luc écrit que ça s’est passé « pendant que Quirinus était gouverneur de Syrie » (Lc 2,2). Certains historiens estiment que Quirinus a exercé cette fonction de 6 à 7 apr. JC. D’autres pensent que c’était plutôt de 10 à 9 av. JC. Les spécialistes ne s’accordent donc pas sur la date exacte de la naissance de Jésus. Comme le règne d’Hérode a pris fin en 4 av. JC, la naissance de Jésus a dû précéder cette date et n’a dès lors pas eu lieu en l’an zéro de notre ère. Cette erreur de quatre années dans le calcul des théologiens chrétiens du IVème siècle de notre ère est compréhensible du fait que les événements étaient souvent associés aux Olympiades à cette époque. Jésus est probablement né entre 6 et 4 av. JC. Tout en ayant reçu des informations de première main de la part des Mages, Hérode lui-même fut obligé de compter avec une marge d’erreur de deux ans (cf. Mt 2,16). Luc fait état de bergers des environs qui visitèrent la Sainte Famille peu après la naissance de Jésus (Lc 2,8-20). Matthieu nous raconte que des Mages venus d’Orient arrivèrent aussi sur place, mais bien plus tard compte tenu de la distance qu’ils ont dû parcourir. Étant donné que Jésus est né entre 6 et 4 av. JC., que Marie a été fiancée à l’âge fixé par la coutume et qu’elle a conçu peu après, nous pouvons estimer qu’elle-même est née autour de 20 av. J.C.

Fuite en Égypte

Matthieu nous apprend aussi que la Sainte Famille s’est enfuie en Égypte pour échapper au massacre des nouveaux-nés ordonné par Hérode suite à la visite des Mages. Lorsque le fils d’Hérode lui succéda, la Sainte Famille retourna dans sa ville de Nazareth, où Jésus a grandi (cf. Mt 2,16-23). De là, les gens ont supposé que Jésus était né à Nazareth, ce qui troubla ceux qui attendaient un messie de Bethléem, la ville de David.

Marie et Joseph

Le récit de Luc dépeint Marie [et Joseph] comme des juifs pieux, qui firent circoncire Jésus et le présentèrent à Dieu selon la loi juive. Ensuite, il est dit que : « Ses parents avaient l’habitude de monter chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque » (Lc 2,41). Au cours d’un de ces pèlerinages, Marie et Joseph perdirent la trace de leur fils de 12 ans et le trouvèrent au Temple en train d’étonner des savants juifs par ses remarques (Lc 2,41-51). Joseph n’est plus mentionné dans les Écriture après cet épisode. Il est sans doute mort peu après. Il n’était en tout cas certainement plus de ce monde lorsque Jésus commença sa vie publique.

Marie et la vie publique de Jésus

Il était d’usage pour les hommes juifs d’entrer dans la vie publique une fois atteint l’âge de 30 ans. Ce fut probablement l’âge à partir duquel Jésus commença son apostolat public.
Les Évangiles mentionnent plusieurs fêtes ou pèlerinages auxquels Jésus a participé, une coutume qu’il a apprise de ses parents (cf. Lc 2,41). Sur la base de ce témoignage, les spécialistes calculent que son apostolat public a probablement duré environ trois ans et situent sa mort à l’âge d’environ 33 ans, au moment où – à savoir entre 27 et 20 apr. JC – Marie devait elle-même avoir autour de 48 ans. Bien qu’il s’agisse d’estimations, nous pouvons être sûrs que Jésus est mort avant 37 apr. JC, date à laquelle les historiens nous apprennent que Pilate quitta son poste en Terre Sainte.

Marie est restée en lien avec Jésus au cours son ministère de prédication ; elle était en tout cas présente à certains de ses enseignements (cf. Mt 12,46-50 ; Mc 3,31-35 ; Lc 8,19-21). Le mot grec adelphoi utilisé pour désigner les « frères et sœurs » du Christ n’impose pas de comprendre cela au sens strict du terme (de même père et de même mère), mais autorise les traductions plus larges telles « cousins et cousines » voire « gens du même village ». Ainsi les Écritures ne contredisent pas le dogme de la virginité perpétuelle de Marie auquel croient catholiques et orthodoxes. L’emploi de adelphoi au sens large signale seulement un lien inhabituellement étroit. Ce qui peut par exemple s’appliquer à des cousins ou des amis très proches qui auraient pu vivre dans la maison de Joseph, Marie et Jésus suite au décès de leurs parents. Il faut aussi noter que Marie ne se trouvait pas seulement au côté de Jésus lorsqu’il prêchait ou enseignait. Selon Jn 2,1 et 19,25, Marie était même significativement présente au début et à la fin de la vie publique de son fils. En Jn 2,1-12, il s’agissait d’un événement social ordinaire, en l’occurrence une noce, à Cana. Toutefois, en cette circonstance, l’intercession de Marie et l’activité salvifique de Jésus firent de cette noce un événement qui n’avait plus rien de banal.

Marie et la passion de Jésus

Comme la Sainte Famille observait la tradition du pèlerinage annuel à Jérusalem pour la fête de la Pâque (cf. Lc 2,41), il y a lieu de penser que Jésus et Marie s’y retrouvaient chaque année. Les évangiles synoptiques (Mt, Mc et Lc) indiquent que Jésus continuait d’être fidèle à cette tradition au cours de sa vie publique. Nous pouvons supposer que Marie aussi est demeurée fidèle à cette tradition. Jean nous apprend de façon explicite qu’ils s’y trouvaient les deux lorsque Jésus fit son dernier pèlerinage à Jérusalem au cours duquel il rencontra la Croix (cf. Jn 19,25).

Bien que cela ne soit pas mentionné explicitement, tout cela nous permet de penser que Marie pouvait être présente quand Jésus a célébré la Dernière Cène. Le repas de la Pâque (célébré la veille pour des raisons qui allaient devenir évidentes) était traditionnellement une affaire de famille et la présence de Marie y aurait normale, voire escomptée ; elle aurait aidé à la préparation et au service du repas.

Après ce même repas, Jésus fut injustement arrêté, accusé, condamné, torturé et crucifié sous la juridiction de Ponce Pilate. Tous les quatre Évangiles mentionnent la crucifixion de Jésus. Seul Jean fait explicitement état de la présence de Marie au pied de la Croix. Le fait que Jésus, alors qu’il était crucifié, ait confié Marie au disciple bien-aimé plutôt qu’à un « frère et sœur » est considéré par Origène (mort vers 254) une preuve de la virginité perpétuelle de Marie.

Marie après la mort et résurrection de Jésus

L’Écriture nous rapporte que Jésus est ressuscité du tombeau le dimanche suivant et qu’il est apparu à de nombreux témoins. L’Écriture ne précise pas que Marie était un de ces témoins, mais ne l’exclut pas non plus.
Au cours des neuf jours qui ont suivi l’Ascension de Jésus auprès du Père, on trouve ses disciples réunis en prière juste avant la descente de l’Esprit Saint. Les Actes des Apôtres (1,14) nous apprennent que Marie était avec eux. C’est la dernière mention de Marie dans la Bible.

La mort de Marie

Saint Irénée (mort en 220) nous rapporte que le disciple bien-aimé, Jean, a prêché à Éphèse après la Pentecôte. Marie l’a sans doute accompagné là-bas. Le Concile œcuménique d’Éphèse (en 431) mentionne une église déjà ancienne des environs qui commémorait leur présence. Une ancienne tradition soutient que Marie est morte et a été enterrée à Éphèse. Les spécialistes ne considèrent pas cela comme une preuve déterminante.

Nous ne savons pas exactement où et quand Marie est morte. Une autre ancienne tradition prétend que Marie est morte et a été enterrée à Jérusalem. Le dogme catholique de l’Assomption enseigne que Marie a été emportée au ciel corps et âme (c’est-à-dire dans toute sa personne) après le cours de sa vie terrestre. Le dogme ne précise pas où, quand et comment sa vie terrestre a pris fin. De fait, la formule « après le cours de sa vie terrestre » n’affirme pas explicitement qu’elle soit « morte » comme tout le monde. Quoique cela ne soit pas formellement un dogme, l’entrée de Marie au ciel après s’être endormie appartient à l’enseignement ordinaire universel de l’Orient orthodoxe. Cette croyance s’appuie sur une lecture mariale du chapitre 12 de l’Apocalypse. Vu que ce chapitre identifie La Femme comme celle qui a donné naissance au Messie, une interprétation mariale en est justifiée. Cela n’empêche pas l’Église de considérer que d’autres interprétations soient valides (p.ex. La Femme comme figurant Israël ou l’Église).

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Q: La liturgie nous fournit-elle des précisions sur la vie de Marie ?

A: Plusieurs événements touchant à la vie de Marie sont commémorés au cours des cycles de l’année liturgique des Églises catholiques, orthodoxes ou autres. Les plus importantes               célébrations des calendriers liturgiques actuels sont présentées ci-dessous, suivies d’un tableau récapitulatif.

8 décembre

La fête catholique de l’ « Immaculée Conception » célèbre les origines de l’existence terrestre de Marie. Quoique non mentionnée dans les Écritures, l’origine historique de la mère de Jésus n’en demeure pas moins un fait indéniable.
Sous le titre « La Conception de Sainte Anne » [à savoir lorsque Anne a conçu la Theotokos], cette fête était célébrée le 9 décembre dans l’Orient chrétien, peut-être déjà au sixième siècle. Le tout début de la vie de Marie – sa conception par ses parents – était considéré comme un événement saint et béni, important pour l’histoire du salut. Après que la fête a passé en Occident [et au 8 décembre], on a souligné la sainteté unique de cet événement. En 1854, le pape Pie IX a défini comme dogme de l’Église catholique romaine la croyance que depuis le tout premier moment de sa conception, Marie a reçu le privilège personnel d’être exempte du péché originel en vue des mérites à venir du Christ. Le dogme catholique de l’Immaculée Conception a été proclamé dans la Lettre apostolique Ineffabilis Deus,

8 septembre

Neuf mois après avoir fêté la conception de Marie, l’Église commémore sa naissance ou « Nativité » le 8 septembre. Là non plus, l’événement n’est pas mentionné dans la Bible, mais là aussi il a incontestablement eu lieu. La célébration liturgique est apparue en Orient au quatrième siècle. Nombre des détails que la liturgie présente aux fidèles ont été influencés par un écrit apocryphe, le Protévangile [ou Premier Évangile] de Jacques qui date de l’an 150 environ. Par exemple, les noms des parents de Marie, Anne et Joachim, ne figurent pas dans les Écritures canoniques. Rien, aucun témoignage apostolique ne vient confirmer cela avant le Protévangile de Jacques. L’Église ne place pas ce document au même niveau que l’Écriture sainte. Il est toutefois possible d’accepter la vérité spirituelle qui sous-tend ce récit, sans nécessairement en attribuer à chaque détail une exactitude littérale et historique. La signification profonde de ce texte est que, dès le moment de sa naissance et même bien avant, la Mère de Dieu a été spécialement consacrée par l’Esprit Saint, choisie et marquée par Dieu.

21 novembre

Le 21 novembre, l’Église catholique célèbre la mémoire de la « Présentation de Marie au Temple » (dans l’usage oriental : l’ « Entrée de la Theotokos au Temple »). De même que pour la conception et la naissance de Marie, certains détails n’ont pas de fondement apostolique et ne sont pas mentionnés avant le Protévangile de Jacques. On sait même au contraire que les juifs ne présentaient au Temple que leurs garçons premiers-nés. Pourtant, comme l’Écriture nous apprend que des membres de la famille de Marie appartenaient aux milieux sacerdotaux, des récits faisant état d’une occasion au cours de laquelle Marie aurait été consacrée à Dieu à Jérusalem paraissent plausibles. En dehors des détails apocryphes et de toute spéculation académique, au cœur de cette célébration se trouve l’expression de la consécration totale de Marie à Dieu, qui la prépare à sa future vocation de Mère du Verbe incarné.

25 mars

Le 25 mars, l’Église célèbre l’ « Annonciation du Seigneur », soit l’annonce de l’Incarnation faite à Marie par l’ange Gabriel. Cette fête commémore des événements rapportés par l’Évangile de Luc (1,26-38). La date tombe souvent en carême. Malgré cela, la fête rappelle un événement si capital pour le christianisme que le rite byzantin prescrit une liturgie festive même si la date devait tomber le Vendredi saint !

31 mai

Quelque part – « En ces jours-là… » selon les Écritures (Lc 1,39) – entre l’Annonciation et la Nativité de Jean-Baptiste célébrée le 24 juin, l’Église catholique commémore la visite que Marie, enceinte du Christ, a fait à sa cousine Élisabeth, elle-même enceinte de Jean-Baptiste et dans les derniers mois de sa grossesse. L’événement est rapporté par la Bible (cf. Lc 1,39-56). La fête est célébrée le dernier jour de mai, en clôture du mois consacré à Marie.

25 décembre

Neuf mois après l’Annonciation, l’Église célèbre la naissance du Christ ou « Nativité du Seigneur » le 25 décembre. Les Évangiles de Matthieu et de Luc fournissent de nombreux détails sur cet événement. Le jour suivant, le 26 décembre, le rite byzantin célèbre une fête mineure – la Synaxis – en l’honneur de Marie, la mère de celui dont la naissance a été célébrée la veille.

1er janvier

Le rite romain, celui de l’Église catholique, célèbre quant à lui la maternité de Marie non pas le 26 décembre, mais à la fin de l’Octave de Noël, soit le 1er janvier, et en fait une solennité, celle de « Marie, Mère de Dieu ». À cette date, les Églises orientales commémorent pour leur part la « Circoncision de Jésus » (cf. Lc 2,21), une fête qui a aussi une dimension mariale.

6 janvier

Le 6 janvier est célébrée la fête de l’ « Épiphanie », d’un mot grec qui veut dire « manifestation ». Les Églises orientales commémorent à cette occasion le baptême du Christ dans le Jourdain (cf. Mt 3,13-17 ; Mc 1,9-11 ; Lc 3,21-22 ; Jn 1,24-37). De son côté, le rite romain inclut un élément marial dans cette « manifestation du Seigneur », en rappelant ce jour l’adoration des mages [tout en n’oubliant pas le baptême du Christ], qui est rapportée quant à elle en Mt 2,1-12.

2 février

Le 2 février, le quarantième jour après Noël, les chrétiens célèbrent la fête de la « Présentation du Seigneur au Temple » [appelée « Rencontre du Seigneur » dans l’Orient chrétien]. Cette fête commémore la présentation de Jésus bébé dans le Temple de Jérusalem quarante jours après sa naissance, ainsi que sa rencontre avec le vieillard Siméon et la prophétesse Anne (cf. Lc 2,22-38). Cette fête a aussi été considérée comme celle de la purification de Marie vu que les mères juives étaient tenues de prendre un bain rituel de purification [ou Mikvah] quarante jours après l’accouchement.

15 septembre

Les Églises orientales rappellent en ce jour les « Douleurs de Marie » durant le cycle de la Passion du Christ (cf. Jn 19,25). Pour les catholiques romains, le 15 septembre est la mémoire de « Notre Dame des Douleurs ».

15 août

Enfin, l’ « Assomption » de Marie est célébrée le 15 août. La commémoration liturgique de la « Dormition » de Marie [Dormitio ou Koimesis] a son origine dans l’Orient chrétien autour du cinquième siècle, peut-être déjà bien plus tôt à Éphèse. Le lieu de la mort de Marie n’est pas connu, même si Jérusalem et Éphèse sont mentionnées dans des récits anciens. Les catholiques romains célèbrent « Marie Reine » le 22 août pour conclure l’Octave de son Assomption.

De même que pour la Conception et la Nativité de Marie, nombre des détails en lien avec cet événement se trouvent seulement dans des textes apocryphes tardifs (p.ex. le Transitus Mariae du cinquième siècle). Bien que cet événement manque de bases bibliques et apostoliques explicites, le fait qu’il n’existe aucune relique posthume de Marie (p.ex. des os) demeure suggestif.

En 1950, le pape Pie XII a défini l’Assomption de Marie aux cieux comme un dogme du catholicisme romain que : « l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste ». Le dogme a été proclamé dans l’encyclique Munificentissimus Deus.

Après être entrée dans la gloire céleste, Marie est restée active dans la vie de l’Église. De nombreux chrétiens croient qu’elle a parfois manifesté son souci du monde au moyen d’apparitions et de guérisons miraculeuses. Certains de ces événements sont commémorés dans les calendriers liturgiques (p.ex. « Notre Dame de Lourdes » dans le calendrier romain le 11 février ou la « Protection de Marie » dans le calendrier byzantin le 1er octobre – voyez le tableau).

Remarque : Les célébrations liturgiques n’ont pas toutes la même dignité : elles varient selon l’importance de l’événement ou de la personne commémorée dans l’histoire du salut. Ainsi, au bas de l’échelle on trouve la mémoire optionnelle puis, au fur et à mesure que l’on gravit les échelons, on a la mémoire obligatoire, ensuite la fête et enfin, au sommet, la solennité, souvent de précepte ou d’obligation pour les fidèles.


Q: Existe-t-il des livres sur la vie de Marie ?

A: Il y a de nombreux livres qui traitent de la vie de Marie de manière directe ou indirecte : des dictionnaires, des commentaires des Écritures, des relations d’expériencesmystiques, des       biographies aussi bien romancées que critiques, et même des romans. Nous avons mis un peu de tout cela dans la liste ci-dessous. Les informations sur la vie de Marie se doivent de         prendre en compte des sources multiples : l’Écriture comme base, la tradition comme complément et explication, mais aussi des récits de l’expérience terrestre de Marie et qui                 mettent en lumière son profil spirituel et son rôle en tant que modèle de la vie chrétienne.

L’écrivain canadienne anglophone Diane Schoemperlen remarque, dans son roman Our Lady of the Lost and Found (New York, Viking, 2001, p. 101), qu’on peut légitimement estimer que Marie a été le sujet de plus de littérature, art et musique qu’aucune autre femme dans toute l’histoire de l’humanité. Nous nous limiterons donc ci-dessous aux ouvrages en français consacrés à Marie (et pas seulement à sa vie proprement dite) ou en lien avec elle, et publiés ou republiés depuis 1990, en espérant qu’ils sont encore aisément accessibles.
Sont donnés, dans l’ordre, le nom de l’auteur (nom propre en majuscules) ou de la personne qui édite le livre (dans ce cas, le nom est suivi de l’abréviation « éd. » entre parenthèses), le titre (en italiques), le lieu de publication, la maison d’édition (avec parfois entre parenthèses la collection particulière à laquelle l’ouvrage appartient) et la date.

ASSOCIATION DES ŒUVRES MARIALES, Célébrations mariales. Éléments de célébrations. Paris, Chalet, 1990.

Renzo AGASSO & Maurizio BOSCOLO, Prier Marie. Paris – Montréal, Médiaspaul – Éditions Paulines, 1993.

Jean BARBIER, Convertis par Marie. Paris, Saint-Paul, 1993.

Sylvie BARNAY, Les Apparitions de la Vierge. Paris – Montréal, Cerf – Fides, 1992.

Sylvie BARNAY, La Vierge : femme au visage divin. Paris, Gallimard, 2000.

Jean-Pierre BAYARD, Déesses mères et vierges noires. Répertoire des vierges noires par département. Monaco, Rocher, 2001.

Bernard BEAUDIN, La Conversion de Marie. Montréal, Médiaspaul, 2002.

Jacques BAUPRÉE, Et Marie entra dans notre histoire. Saint-Laurent [Québec], Bellarmin, 1997.

Schalom BEN-CHORIN, Marie. Un regard juif sur la mère de Jésus. Paris, Desclée de Brouwer, 2001.

Marie-Jeanne BÉRÈRE, Marie. Paris, Atelier, 1999.

Georges BERTIN, Apparitions-disparitions. Paris, Desclée de Brouwer, 1999.

Roger BICHELBERGER, Marie, mère de Dieu. Monaco, Rocher, 1997.

Roger BICHELBERGER, Celle qui gardait toute chose en son cœur. Paris, Albin Michel, 1999.

Roger BICHELBERGER, Petite vie de Marie. Paris, Desclée de Brouwer (collection « Petite vie de… »), 2004.

Erick BONNIER, Marie de Nazareth : textes de l’Évangile. D’après le film mis en scène par Jean Delannoy. Paris, Filipacchi, 1995.

Joachim BOUFLET, Apparitions de la Vierge. Paris, Calmann-Lévy, 1996.

Joachim BOUFLET, Quand la Gestapo traquait les apparitions. Chambray-les-Tours, CLD, 2003.

André BOULET, Petite catéchèse sur Marie. Mère du Christ et mère des hommes. Paris, Saint-Paul, 1993.

Raymond-Léopold BRUCKBERGER, Marie, mère de Jésus-Christ. Paris, Albin Michel, 1991.

Jacques BUR, Pour comprendre la Vierge Marie dans le mystère du Christ et de l’Église. Paris, Cerf, 1992.

Sophie CASSAGNES-BROUQUET, Vierges noires. Rodez, Éditions du Rouergue, 2000.

Dominique CERBELAUD, Marie. Un parcours dogmatique. Paris, Cerf, 2003.

Henri CHANDAVOINE, Anthologie de la poésie mariale. Paris, Cerf, 1993.

Marie-Françoise CHAPAS (éd.), Marie. Recueil de textes non bibliques pour s’approcher de la mère de Jésus dans son humanité et sa foi. Paris, Atelier, 1999.

Yves CHIRON, Enquêtes sur les apparitions de la Vierge. Paris, Perrin – Mame, 1995.

Yves CHIRON, Enquêtes sur les miracles de Lourdes. Paris, Perrin, 2000.

Bernard CLAVEL, Jésus, le fils du charpentier. Paris, Robert Laffont, 1996.

Marcel COLIN, Marie et l’Évangile. La contempler pour mieux le vivre. Sillery [Québec], Anne Sigier, 2001.

Daniel COSTELLE, Lorsque Marie paraît. La grande et étrange histoire des apparitions de la Vierge. Paris, Robert Laffont, 1993.

Peter DAINO, Marie, la femme qui a dit « non ». Kinshasa, Éditions l’Épiphanie, 1998.

Lucien DEISS, Joseph, Marie, Jésus. Versailles, Saint-Paul, 1997.

Jean DELUMEAU (éd.), La Religion de ma mère. Les femmes et la transmission de la foi. Paris, Cerf, 1992.

Alain DIERKENS (éd.), Apparitions et miracles. Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1991.

Joseph DIEUVEUIL, La Vierge Marie et l’indépendance d’Haïti. Port-au-Prince, H. Deschamps, 1990.

Maria DONADEO, Icônes mariales russes. Accompagnées de prières. Paris – Montréal, Médiaspaul – Éditions Paulines, 1990.

Michel DUBOST, Marie. Paris, Mame, 2002.

Pierre DUPUIS, Le Magnificat, une école de prière. Nouan-le-Fuzelier, Pneumathèque, 1995.

Jacques DUQUESNE, Marie. La mère de Jésus. Paris, Plon, 2004.

François-Xavier DURWELL, Marie : méditation devant l’icône. Paris – Montréal, Médiaspaul – Éditions Paulines, 1990.

Josy EISENBERG, La femme au temps de la Bible. Paris, Stock – Pernoud, 1993.

André FEUILLET, Le Sauveur messianique et sa mère dans les récits de l’enfance de Saint Matthieu et de Saint Luc. Vaticano, Libreria Editrice Vaticana, 1990.

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Robert WITWICKI, Marie, questions et réponses. Kinshasa, Éditions Lindonge, 1999.


Q: Quelles sont les données sur la personne et la vie de Marie qui sont fournies par les écrits apocryphes ?

A: L’Écriture est plutôt économe en détails sur la personnalité et la vie de Marie. Elle ne parle que de l’essentiel de sa vocation religieuse et de son rôle dans l’Incarnation et l’œuvre salvifique de Jésus. Les écrits apocryphes – textes non canoniques qui traitent de la vie de Jésus et de Marie, mais aussi d’autres apôtres ou d’événements concernant les premiers temps du christianisme – veulent remédier, quelquefois généreusement, aux lacunes trouvées dans l’Écriture. Cela ne veut nullement dire que les écrits apocryphes aient une autorité supérieure à celle de l’Écriture. C’est l’Écriture, dans toute sa sobriété et dans une économie d’information parfois frustrante, qui demeure l’étalon de notre foi. Cependant, les écrits apocryphes conservent une valeur documentaire. Ils témoignent du sentiment et de la révérence de leurs contemporains envers Marie. Ils nous rapportent ce que certains milieux, à un moment donné, pensaient de Marie et ce qu’étaient leurs attentes et leurs croyances à son sujet.

La liste ci-dessous tente de regrouper la plupart de ce que les écrivains apocryphes nous disent au sujet de Marie, sans prétendre à l’exhaustivité. Les différents éléments concernant la personne et la vie de Marie y sont énumérés avec, dans la partie correspondante dans la colonne « Sources », les écrits apocryphes qui les rapportent. On trouvera, dans la bibliographie qui suit, des ouvrages dans lesquels les récits apocryphes sont publiés en français.

LÉGENDE :

Bibliographie :

François AMIOT, La Bible apocryphe. Évangiles apocryphes. Paris, Éditions Fayard, 1952.

Johannes Baptist BAUER, Apocryphes du Nouveau Testament. Paris, Éditions du Cerf (collection « Lire la Bible » n° 37), 1973.

François BOVON et Pierre GEOLTRAIN (éd.), Écrits apocryphes chrétiens. I. Paris, Éditions Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 1997.

Camille FOCANT, Les Évangiles apocryphes. Namur, Éditions Fidélité (collection « Que penser de…? »), 2001.

Jean-Daniel KAESTLI et Daniel MARGUERAT (éd.), Le mystère apocryphe. Introduction à une littérature méconnue. Genève, Édition Labor et Fides, 1995.

Alexandre MICHA (éd.), Les Enfances du Christ dans les Évangiles apocryphes. Paris, Éditions Aubier, 1993.

Antonio PIÑERO, L’autre Jésus. Vie de Jésus selon les Évangiles apocryphes. Paris, Éditions du Seuil, 1998.

Joshua Roy PORTER, La Bible oubliée. Apocryphes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Paris, Éditions Albin Michel (collection « Spiritualités »), Paris, 2004.

France QUÉRÉ, Les Évangiles apocryphes. Paris, Éditions du Seuil (collection « Points Sagesse » n° 34), 1983.


Q: Qu’en est-il de la mort de Marie ?

A: Le dogme de l’Assomption a une portée bien délimitée. Il définit que Marie « a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste » (Pie XII, Munificentissimus Deus, constitution apostolique du 1er novembre 1950 ; voir Denzinger n° 3903, Lumen Gentium 59, cf. livre de l’Apocalypse 19,16). Le Seigneur l’a exaltée comme « Reine sur toute chose » pour qu’elle devienne « totalement conforme à son fils » qui est seigneur des seigneurs, vainqueur du péché et de la mort. Elle partage la gloire de son fils ; elle est également l’ « icône eschatologique » qui anticipe la résurrection de tous les membres du corps du Christ. Et comme le dit Paul VI : « Nous croyons que la Sainte Mère de Dieu, la nouvelle Ève, Mère de l’Église, continue aux cieux d’exercer son rôle maternel en faveur des membres du Christ » (Paul VI, Solennelle profession de foi¸30 juin 1968, n° 15). Ce sont là les différents éléments du dogme de l’Assomption et quelques-unes de ses conséquences doctrinales.

En ce qui concerne la mort de Marie, le dogme n’engage à rien. Il dit seulement qu’elle a « achevé le cours de sa vie terrestre ». Cette formulation plutôt évasive révèle deux choses : (1) À l’époque où on préparait la définition du dogme, il n’y avait pas unanimité au sujet de la fin de Marie. À cause notablement de la compétence et de l’influence de Martin Jugie, la question de la mort de Marie fut écartée de l’intention du dogme. Le dogme ne dit pas qu’elle est morte et le Concile Vatican II adopta la même position (Lumen Gentium 59). Une littérature considérable a été publiée sur ce sujet entre 1950 et 1964, mais presque plus rien après le Concile. (2) Il ne paraissait pas possible de dégager une solide tradition historique soit en faveur de la mort de Marie, soit en faveur de son immortalité. Il n’existe pas de preuve scripturaire, et les Pères de l’Église n’ont pas dit grand-chose sur le sujet. Grégoire de Nysse et Épiphane ne permettent pas de conclure. Pour sa part, Timothée de Jérusalem (entre le 5ème et le 8ème siècle) est explicite : « …la vierge est immortelle… celui qui a demeuré en elle l’a transportée dans les régions de son assomption » (Patrologie Grecque 86, 245C). Malgré cela, au cours des siècles suivants, la mort de Marie était tenue pour acquise. Ensuite, des points de vue soutenant son immortalité apparurent uniquement dans le prolongement de la réflexion sur l’Immaculée Conception. Néanmoins, seules quelques rares opinions en faveur de l’immortalité de Marie nous sont connues aux 17ème et 18ème siècles. La situation changea après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception en 1854 et les voix en faveur de l’immortalité de Marie se firent plus nombreuses après la proclamation du dogme de l’Assomption en 1950 (par exemple Tiburzio Gallus, Gabriele Roschini). D’autres, tel Carolus Balic, s’opposèrent à la thèse de l’immortalité. Des fouilles récentes sur le site de l’église de Gethsémani à Jérusalem semblent confirmer la présence d’une chambre taillée dans le roc et appelée traditionnellement « tombe de Marie » (Bellarmino Bagatti, 1972). Des tentatives plus récentes d’expliquer l’Assomption de Marie à l’aide de la théorie dite de « l’eschatologie intermédiaire », et sa réfutation, a pour hypothèse de départ la mort effective de Marie.

En l’état actuel, les deux opinions sont acceptables et acceptées : soit la mort de Marie, sa résurrection et sa glorification, soit sa glorification à la fin de sa vie terrestre sans mort. La majorité des théologiens semble toutefois admettre la mort de Marie. Les arguments pour ou contre peuvent essentiellement se résumer comme suit :

1) L’immortalité de Marie découle de la portée du privilège de l’Immaculée Conception. Dans un monde pécheur, elle est sans péché et donc exempte de certains effets du péché. L’exemption de la mort ne serait-elle donc pas logique ?

2) La mort de Marie paraît pareillement logique pour ceux qui insistent sur la parfaite conformité de Marie au Christ. Marie fut la première disciple du Christ et parfaitement associée à lui. Elle a participé, de manière subordonnée, à sa mission de salut. Dès lors, la participation de Marie à la mort de son fils à travers sa propre mort à elle ne serait-elle pas logique ?

Les études mariales contemporaines penchent pour le second point de vue. Le Concile Vatican II nous présente une figure de Marie qui ressemble à celle des premiers siècles du christianisme : étroitement unie à l’Église, membre éminent et modèle de cette dernière, et pèlerine dans la foi. Elle est mise en évidence en tant que disciple fidèle du Christ et notre sœur. Si l’Incarnation la met à part (à travers son Immaculée Conception) pour garantir l’origine divine de notre Rédempteur, sa participation à l’œuvre du Christ l’entraîne (à travers sa mort à elle) dans les souffrances et la mort de son fils pour exprimer la réalisation pleinement humaine de l’Incarnation.

Qui sont les parents de Marie ?

L’histoire de la naissance de Marie et les détails sur ses parents âgés proviennent d’un récit apocryphe connu sous le nom de Protévangile de Jacques et dont l’auteur est demeuré anonyme. Les écrits apocryphes sont souvent inspirés de thèmes bibliques, mais ils ne font pas partie du canon des Écritures de l’Église catholique.

Le Père Bertrand Buby, sm, spécialiste de Marie à l’Université de Dayton, qualifie le récit du Protévangile « d’histoire qui fait preuve d’imagination et de créativité, qui parle de la naissance de Marie, et qui a été rédigée autour de 150 après Jésus-Christ ». Au début du Protévangile, Joachim jeûne dans le désert et Anne est en pleurs dans son jardin, tous deux accablés par le fait qu’ils n’ont pas d’enfants. Un ange apparaît à Anne et lui annonce qu’elle concevra, puis attire son attention sur son mari qui est de retour. Anne et Joachim s’embrassent avec ferveur, indiquant leur confiance en Dieu qui leur a promis un enfant. Et Anne conçoit. Anne et Joachim sont des notables vivant à Jérusalem. Ils consacrent leur fille, Marie, à Dieu, en la protégeant du péché et du mal. Quand la petite a trois ans, Anne et Joachim la présentent au Temple ; en y montant, Marie danse sur la troisième marche de l’autel et « toute la maison d’Israël se met à l’aimer ». Lorsqu’elle atteint l’âge de 12 ou 13 ans, Joseph est nommé son protecteur. Il est choisi comme son fiancé après un signe du ciel : une colombe est sortie de son bâton.

La fête de la naissance de Marie est célébrée le 8 septembre, soit neuf mois après la fête de l’Immaculée Conception. Anne et Joachim sont célébrés ensemble le 26 juillet. La présentation de Marie au Temple est célébrée le 21 novembre.


Q: Que savons-nous de la vie de Marie d’après les sources non bibliques ?

A:  La question 5 a traité de cette source non biblique que sont les écrits dits « apocryphes ». Ces textes anciens n’appartiennent par au canon des Écritures, mais prétendent rapporter des éléments qui ne figurent pas la Bible, en particulier sur la vie de Marie. Le plus fameux d’entre eux est le Protévangile de Jacques (datant de 150 après Jésus-Christ environ) ; il relate entre autre les premières années de Marie et nous apprend, par exemple, que ses parents s’appelaient Anne et Joachim.

Dans le prolongement, la légende du Transitus Mariae (texte éthiopien du 5ème siècle) raconte pour sa part les derniers jours de la vie terrestre de Marie. D’autres récits apocryphes ont reparlé de la naissance de Marie ou détaillé ses lamentations au pied de la croix de son fils. Il existe un cycle entier d’écrits coptes sur la vie de Marie. Enfin, dans cette catégorie de textes mais bien plus tard, on trouve la Légende dorée de Jacques de Voragine rédigée autour de 1260 ap. J.C. qui contient des chroniques légendaires sur de nombreux saints ; nombre de ces contes traitent de divers aspects de la vie de Marie (par exemple, la naissance, la purification, l’Assomption, etc.). Bien qu’aucun des détails contenus dans ces récits ne soient aussi fiables que ceux rapportés par la Bible, ces légendes ont influencé à la fois la piété personnelle de nombreux croyants et les différentes célébrations liturgiques des événements concernés. Plus d’informations sont contenues dans les ouvrages suivants :

François BOVON et Pierre GEOLTRAIN (éd.), Écrits apocryphes chrétiens. I. Paris, Éditions Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 1997.

Jean-Daniel KAESTLI et Daniel MARGUERAT (éd.), Le mystère apocryphe. Introduction à une littérature méconnue. Genève, Édition Labor et Fides, 1995.

Joshua Roy PORTER, La Bible oubliée. Apocryphes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Paris, Éditions Albin Michel (collection « Spiritualités »), Paris, 2004.

France QUÉRÉ, Les Évangiles apocryphes. Paris, Éditions du Seuil (collection « Points Sagesse » n° 34), 1983.

Des textes plus récents prétendent également offrir des détails sur la vie de Marie à la suite de révélations privées provenant d’expériences mystiques. Même aujourd’hui, des gens qui se disent mystiques prétendent avoir reçu des révélations surnaturelles au sujet de la vie de Marie (par exemple, les voyants de Medjugorje affirment que la vraie date de naissance de Marie est le 5 août). L’Église permet à ses enfants d’examiner ces œuvres dans un esprit de pieuse dévotion, mais n’accorde à aucune de leurs prétentions ou révélations la certitude de la foi divine. On trouvera des traductions françaises de ces textes les plus connus dans :

Maria d’AGREDA, La Cité mystique de Dieu. Ou la vie de la Très Sainte Vierge Marie, manifestée par la même Sainte Vierge à la vénérable mère Marie de Jésus d’Agréda. 3 tomes. Saint-Céneré [France], Éditions Saint Michel, 1970.

Anna Katherina EMMERICK, Vie de la Sainte Vierge. D’après les méditations de Anne-Catherine Emmerich. Paris, Pierre Téqui, 1931.

Maria VALTORTA, L’Évangile tel qu’il m’a été révélé. 10 tomes. Isola del Liri [Italie], Centro Editoriale Valtortiano, 1979-1985.


Q: Quelle est la croyance des catholiques au sujet de la virginité de Marie ?

A: Sur la base des Écritures (Matthieu 1,18 ; Luc 1,27 et 1,35) et des crédos anciens, les catholiques maintiennent que Jésus, le Fils de Dieu, a été conçu du Saint Esprit et est né de Marie, ainsi que l’ange Gabriel l’avait prédit dans l’Annonciation, et que Marie est demeurée vierge tout au long de sa vie. Les spécialistes en mariologie (= partie de la théologie traitant de la Mère de Dieu) insistent sur le fait que la conception virginale de Jésus en Marie est un signe visible de la participation de Dieu à la venue du Messie et qu’il ne faut pas la comprendre comme un message antisexuel. La conception naturelle à l’intérieur du mariage n’est pas moins sainte, disent-ils.

Il y a plusieurs passages de la Bible qui font référence aux frères et sœurs de Jésus et ces passages ont donné lieu à des interprétations diverses. Selon le spécialiste et Père Bertrand Buby, sm, qui a beaucoup écrit sur Marie, certaines traditions chrétiennes croient qu’il s’agit là d’autres enfants issus de Joseph et Marie [avec « frères et sœurs » à prendre au sens étroit du terme], d’autres les considèrent comme des cousins de Jésus [avec « frères et sœurs » à prendre au sens large du terme, comme c’est le cas en Afrique ou dans le monde arabe], d’autres encore pensent qu’ils sont les enfants d’un premier mariage de Joseph [avec « frères et sœurs » à prendre au sens de « demi-frères » ou « demi-sœurs »]. Le Père Buby précise que, pour la tradition catholique, Marie n’a pas eu d’autre enfant que Jésus et que les « frères et sœurs » dont il est question dans la Bible se réfèrent à la famille élargie de Jésus, à ses cousins par exemple. Une interprétation plus récente voit dans ces « frères et sœurs » les membres de la communauté élargie des croyants et disciples de Jésus.

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Dogme

Q: La virginité perpétuelle de Marie doit-elle être considérée comme un dogme ? A-t-elle une signification plus profonde ?

A: Cette doctrine a été soumise à discussion jusque vers la fin du 4ème siècle lorsque un consensus a émergé. Le plus ancien témoignage de la virginité perpétuelle de Marie semble apparaître dans le récit apocryphe du Protévangile de Jacques (vers 150). Tertullien (mort vers 220) niait la virginité de Marie après la naissance de Jésus. Origène (mort en 254), en revanche, enseignait la virginité perpétuelle de Marie. En Orient, St. Athanase (mort en 373) a fermement défendu la virginité de Marie après la naissance de Jésus. Peu après, St Basile le Grand (mort vers 380) acceptait la virginité perpétuelle de Marie et déclarait que cela reflétait le point de vue général des fidèles ; cependant, il ne considérait pas cela comme un dogme. Vers la même époque, en Occident, Jovinien (mort vers 406) et Helvidius (autour de 383) niaient la virginité perpétuelle de Marie tandis que St. Ambroise (mort en 397), St. Jérôme (mort en 420) et St. Augustin (mort en 430) la défendaient avec insistance. Après cette époque, le monachisme s’est largement diffusé et les valeurs de la virginité consacrée devinrent plus connues et communément acceptées. Il s’en est apparemment suivi un consensus général et un enseignement clair sur la virginité perpétuelle de Marie.

Les actes officiels du cinquième Concile Œcuménique, tenu à Constantinople en 553 (= Constantinople II), fait référence à Marie en tant que aeiparthenos (= toujours vierge). Par exemple, un anathème condamne ceux qui nient que :

…il y a deux générations du Dieu Verbe, l’une avant les siècles, du Père, intemporelle et incorporelle, l’autre aux derniers jours, du même Verbe qui est descendu des cieux et s’est incarné de la sainte et glorieuse Mère de Dieu toujours vierge, et qui a été engendré d’elle…

Cette affirmation n’a pas été faite pour répondre à une question directe sur la virginité de Marie. C’est pourquoi certains estiment qu’il n’y a pas là une définition dogmatique de la virginité perpétuelle de Marie même si mention en est faite dans un document qui veut définir. Pour les catholiques, les définitions dogmatiques peuvent être faites soit par le collège des Évêques en communion avec son chef l’évêque de Rome, soit par le pape en vertu de son autorité sur l’ensemble du collège des évêques. Elles doivent dériver, au moins implicitement, de la révélation close à la mort des apôtres.

Quoique non œcuménique, le Concile du Latran de 649 réuni par le pape Martin 1er a aussi publiée une déclaration importante affirmant la virginité de Marie tout au long de sa vie :

Si quelqu’un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, Mère de Dieu la sainte, toujours vierge, et immaculée Marie, puisque c’est en un sens propre et véritable Dieu verbe lui-même, engendré de Dieu le Père avant tous les siècles, qu’elle a, dans les derniers temps, conçu du Saint-Esprit sans semence et enfanté sans corruption, sa virginité demeurant inaltérée aussi après l’enfantement, qu’il soit condamné.

Après Constantinople II, le titre de « toujours vierge » a été universellement accepté par l’Église. Bien que déjà présents dans certains cadres liturgiques, les références à la virginité perpétuelle de Marie se sont alors propagées partout dans la vie liturgique de l’Église. De ce fait, il n’apparaît pas pertinent de remettre le dogme en question sous le seul prétexte qu’il n’en existe pas de « définition » explicite. Tous les enseignements de l’Église appartenant au dépôt de la foi n’ont pas été confirmés par une définition dogmatique formelle (p.ex. l’immortalité de l’âme). Cela a souvent été le cas pour les enseignements qui n’ont jamais été sérieusement contestés.

Il existe d’autres normes au moyen desquelles l’Église peut avoir l’assurance qu’un enseignement a été infailliblement révélé par Dieu : le consensus fidelium (à savoir l’accord général parmi l’ensemble de tous les fidèles, « des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs » selon Lumen Gentium n° 12) et le « magistère ordinaire universel » (à savoir les enseignements officiels fréquents affirmant, sur un sujet, un point de vue donné par le pape seul ou par l’épiscopat en général). Pour ce qui est de la virginité perpétuelle de Marie, nous avons l’assurance que cet enseignement peut être considéré comme révélé infailliblement à la lumière des déclarations du 5ème Concile Œcuménique et en vertu de son emploi constant dans la vie de l’Église par la suite (c’est-à-dire consensus des fidèles et magistère ordinaire universel).

Le dogme de la virginité perpétuelle de Marie n’est pas simplement une référence à un fait historique. Ce fait historique a une signification plus profonde, une dimension spirituelle. Il témoigne du caractère radical de la relation de Marie à Dieu. Sa vie n’existe que pour, par et en Dieu. En outre, il témoigne de la singularité de l’événement du Christ. Enfin, cet enseignement illustre la figure de Marie en tant que type de l’Église :

En même temps, à l'exemple de Marie, l'Eglise reste la vierge fidèle à son époux: «Elle aussi est vierge, ayant donné à son Epoux sa foi, qu'elle garde intègre et pure». L'Eglise est en effet l'épouse du Christ, comme il apparaît dans les Lettres de Paul (cf. Ep 5,21-33; 2 Co 11,2) et dans le nom que Jean lui donne: «l'Epouse de l'Agneau» (Ap 21,9). Si l'Eglise, comme épouse, «garde la foi donnée au Christ», cette fidélité, tout en étant devenue l'image du mariage dans l'enseignement de l'Apôtre (cf. Ep 5,23-33), possède aussi une autre valeur: c'est l'exemple même de la donation totale à Dieu dans le célibat «à cause du Royaume des cieux», c'est-à-dire de la virginité consacrée à Dieu (cf. Mt 19,11-12; 2 Co 11,2). Et précisément cette virginité, à l'exemple de la Vierge de Nazareth, est la source d'une fécondité spirituelle spéciale: c'est la source de la maternité dans l'Esprit Saint. (Redemptoris Mater, n° 43).


Q: Quelle est la signification du titre de Marie : Theotokos ?

A: Le mot Theotokos dérive des termes grecs Theos (= « Dieu ») et tiktein (= « donner naissance », « enfanter »). Marie est la Theotokos, « celle qui enfanta Dieu ». Ce seul mot résume la signification de l’expression de Luc, « Mère du Seigneur » (Lc 1,43) et représente un contrepoint à l’enseignement de Jean selon lequel « le Verbe s’est fait chair » (Jn 1,14). Habituellement, le mot est traduit en français par « Mère de Dieu ». Toutefois les chrétiens de langue grecque emploient aussi l’équivalent Meter Theou (= Mère de Dieu). La formule « Mère de Dieu » présente une vision plus globale de la maternité de Marie dans une perspective personnaliste.

Le titre « Mère de Dieu » semble avoir été employé dans la liturgie et la dévotion pour la première fois par des chrétiens d’Égypte. Il apparaît dans une ancienne prière, le Sub tuum praesidium (= « Sous ta protection » en latin) qui remonte au 3ème siècle. Il y a eu quelques controverses quant à l’emploi de ce titre au sujet de Marie vu que la déesse païenne Isis était invoquée comme « Mère de Dieu ». Toutefois, il y a des différences radicales entre les mythes rapportant des naissances divines faites par des déesses païennes (telle Isis, mère de Horus, en Égypte, entre autres) et les récits évangéliques de l’incarnation de Jésus en Marie. Par exemple, les Évangiles montrent Jésus comme conçu par Marie dans l’Esprit Saint alors que les mythes païens racontent comment des dieux ont été conçus dans la passion, d’une façon fort éloignée de la destinée mystérieuse de l’Incarnation.

Malgré cela, le titre « Mère de Dieu » a été utilisé dans une profession de foi alexandrine. Attaqué sur ce point en 322, le patriarche Pierre d’Alexandrie a défendu sa légitimité. L’emploi du titre Theotokos a été formellement approuvé par le Concile Œcuménique d’Éphèse en 431. L’Église y a déclaré que les deux natures, divine et humaine, sont unie en la personne de Jésus, le fils de Marie. De ce fait, Marie peut être appelée Theotokos vu que le fils qu’elle a enfanté selon la chair est vraiment une des personnes divines de la Trinité. Ce titre marial est en fait une affirmation christologique qui déclare que la seconde personne de la Trinité, née pleinement homme dans l’histoire, est bel et bien « Dieu avec nous ».


Q: La Corédemption de Marie : Y aura-t-il bientôt un nouveau dogme ?

[Voir aussi les annexes ci-dessous.]

A: Des réactions aux articles reçus à la Marian Library (= Bibliothèque Mariale) montrent qu’il y a des opinions exacerbées soit pour, soit contre une dogmatisation de Marie Corédemptrice. Certaines lettres qualifient d’hérétiques ceux qui ne penchent pas en faveur d’un nouveau dogme marial. D’autres menacent de quitter l’Église si une telle définition devait devenir réalité. Les observations suivantes voudraient promouvoir sérénité et réalisme dans le débat. Il faut commencer par prendre note que la plupart des lettres mentionnées expriment, quel que soit leur bord, un amour commun pour la Vierge Marie. Cela devrait nous aider à écouter et à parler dans la charité chrétienne.

1) Les preuves scripturaires et la plus ancienne tradition de l’Église nous parlent de l’implication de Marie dans la Rédemption : en tant que mère de Jésus et Theotokos, en tant que disciple de son Fils et associée à son œuvre de salut. Après l’Assomption, Marie est à jamais engagée activement dans le déroulement de l’histoire du salut. C’est pourquoi nous nous tournons vers elle en attendant de sa part aide (elle est la mère de tous) et encouragement (elle est notre modèle dans la foi).

2) Selon le Vatican, la proclamation du dogme n’est pas à l’ordre du jour. Le 18 août 1996, un porte-parole du Vatican (J. Navarro-Vals) a déclaré qu’aucune proclamation de la sorte n’est programmée.

3) Une proclamation dogmatique est normalement précédée d’une étude officielle en profondeur et d’une consultation auprès des théologiens, des évêques et des fidèles. Le porte-parole du Vatican précisait à cet égard : « Le sujet n’est pas à l’étude ni chez le Saint-Père, ni chez aucune congrégation ou commission du Vatican ». Et la situation n’a pas changé.

4) Nous reconnaissons et respectons le profond amour de Marie qui inspire nombre de ceux qui soutiennent l’initiative et qui ont notamment signé une pétition en sa faveur. Notre point de vue est que des signatures seules ne sont pas suffisantes. La question demande une étude sérieuse. Elle a été rejetée dans le passé par le Vatican à cause de réelles difficultés théologiques. Certains évêques avaient proposé la proclamation du dogme au cours du Second Concile du Vatican. Cela ne s’est pas fait. Depuis lors, la question n’a plus été reprise. Si elle devait l’être maintenant et officiellement, il faudrait reprendre les choses en l’état où elles ont été laissées dans les années 1940.

En tant qu’institution à caractère pontifical, nous, à la Marian Library, représentons et expliquons la position de l’Église. En même temps nous aidons à faire progresser notre connaissance de Marie et à promouvoir toute bonne initiative en ce sens, notamment en favorisant une investigation rigoureuse sur les questions en suspens et en discernant la légitimité des motivations.

Toute rumeur prétendant annoncer la prochaine proclamation d’un nouveau dogme marial est sans fondement. Quoi qu’il en soit, nous voudrions attirer l’attention de nos lecteurs et correspondants sur la déclaration du 12ème Congrès Marial International tenu à Czestochowa, en Pologne, du 18 au 23 août 1996. Ce texte, bien que non contraignant, n’en reflète pas moins le savoir et la sagesse de personnes qui, depuis des dizaines d’années, se sont engagées dans les études mariales et ont soigneusement observé et évalué les déclarations du Magistère concernant Marie, la Mère de Dieu, depuis le Concile Vatican II.

Au cours de ce 12ème Congrès Marial International, on convoqua une réunion composée de représentants des facultés de théologies mariales et des sociétés mariologiques, pour voir s’il convenait de demander au Saint-Siège une définition dogmatique de la Vierge Marie en tant que corédemptrice, médiatrice et avocate. Cette réunion fut convoquée sur requête du Saint-Siège. Parmi les 22 membres présents, il y avait René Laurentin, Stefano de Fiores smm, Jesús Castellano Cervera ocd, Ignatio M. Calabuig osm, Johann Roten sm. Le modérateur de la réunion était Candido Pozo sj, président de la Société Mariologique Espagnole. Des représentants des églises orthodoxe, réformée et anglicane étaient aussi présents.

Lors de cette réunion, il y eut accord unanime pour que le Saint-Siège ne fasse pas une telle déclaration dogmatique pour le moment. Il y eut deux raisons à cela : la première tenait aux clarifications théologiques à effectuer au préalable et la seconde touchait au dialogue œcuménique.

En accord avec le précédent posé par le Concile Vatican II, les participants à la réunion étaient d’accord avec le fait qu’une déclaration doctrinale ne devait pas « trancher les questions que le travail des théologiens n’a pu encore amener à une lumière totale » (Lumen Gentium n° 54). Ils ont relevé que Vatican II avait déjà déclaré que « la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, d’auxiliatrice, de secourable, de médiatrice… » (Lumen Gentium n° 62). Bien que ces titres soient d’usage commun, ils sont sujets à des interprétations ambiguës et divergentes. Le mot « corédemptrice », quant à lui, n’apparaît pas dans le Magistère avant Pie XII. Précédemment, au 20ème siècle, Pie XI avait formé des commissions nationales pour étudier la possibilité d’une définition dogmatique de Marie en tant que « médiatrice », sans que cela ait abouti. Enfin, les conséquences pneumatologiques (c’est-à-dire touchant à l’Esprit Saint) du fait d’appeler Marie « avocate » doivent aussi être soigneusement étudiées.

La seconde raison avancée par les théologiens pour que le Saint-Siège ne définisse pas ces prérogatives mariales concerne le dialogue œcuménique. Dans l’encyclique Ut unum sint, le pape Jean-Paul II a dessiné un chemin pour le dialogue entre tous les disciples du Christ. Il suggère que tous les Chrétiens considèrent la Vierge Marie comme « Mère de Dieu et Icône de l'Eglise, Mère spirituelle qui intercède pour les disciples du Christ et pour toute l'humanité » (n° 79). Les théologiens ont voulu suivre la ligne de dialogue telle qu’elle est proposée par l’encyclique comme une voie pour promouvoir l’unité entre les églises.

Annexe : réponse à un lecteur de la « Page Marie ».

Nous aurons toujours besoin de bons apologistes. Cela dit, les objectifs et les buts du mouvement « Vox Populi Mariae Mediatrix » [qui vise à obtenir la proclamation dogmatique de Marie en tant que corédemptrice, médiatrice et avocate] ne sont pas nouveaux. Des tentatives similaires en vue de promouvoir un cinquième dogme marial ont été entreprises au cours des années 1920 à 1940. Elles n’ont pas abouti à cause du veto de Pie XII. Lumen Gentium a soigneusement évité la terminologie de la « corédemption » ; ainsi en est-il du Magistère après Vatican II. La participation active de Marie au salut n’a, pour sa part, jamais été mise en doute, que ce soit en tant que mère du Rédempteur, en tant que disciple de celui-ci et en tant qu’associée à lui. Marie a été associée à son Fils Rédempteur en :

 1) invitant ses disciples à faire ce qu’il leur dirait (à Cana, en Jean 12) ;
 2) le suivant jusqu’à la croix et en l’accompagnant dans une activité passive (c’est-à-dire en laissant aller le cours des événements, en acceptant l’épreuve avec lui pour notre salut)               jusqu’à sa mort ;
 3) en acceptant de former avec le disciple bien-aimé la cellule originelle de l’Église comme continuation et mise en œuvre de l’action rédemptrice du Christ (en Jean 19,25-27) ;
 4) en se réunissant avec les Apôtres dans l’attente de la Pentecôte d’où a jailli l’Église post-pascale ;
 5) en continuant d’être aux côtés du Christ au long de l’histoire du salut principalement en tant qu’intercesseur, médiatrice et avocate.

Les tentatives de dogmatisation ne répondent dans ce cas pas à une réelle nécessité doctrinale, comme ce serait le cas s’il s’agissait de défendre des aspects de notre foi dangereusement remis en question. Leur premier objectif est de dévotion : un cinquième dogme attribuerait à Marie plus de privilèges et d’honneurs. Quoique désireux d’honorer et de louer Marie, nous pensons que cela peut être atteint par d’autres moyens, tels un nouveau titre ou une nouvelle fête.

Annexe d’un lecteur de la « Page Marie »

L’implication de la possible déclaration faite par le pape d’un dogme proclamant Marie corédemptrice paraît sous-entendre qu’ensemble le Christ et Marie ont sauvé le monde. Ainsi, au Calvaire, il y aurait eu deux rédempteurs qui, ensemble, auraient offert au Père le sacrifice du Fils. En tant que corédempteurs « co-offrant » et « co-sacrifiant », le Christ et Marie auraient ensemble fait office de médiateurs de la grâce de la rédemption, ce qui les auraient rendus « co-médiateurs » du salut de l’homme.

Or, la première lettre de Paul à Timothée, dans la Bible, dit que « unique est le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même » (v. 2,5). En outre, le Concile Vatican II, en sa constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium, [NB : c’est dans ce document que le Concile a traité de Marie] et en citant le Concile de Trente au sujet de l’invocation des saints, répète qu’il « est au plus haut point convenable » que « nous les invoquions avec ardeur, recourant à leurs prières, à leur secours et à leur aide pour obtenir de Dieu par son Fils Jésus-Christ, notre seul Rédempteur et Sauveur, les bienfaits nous avons besoin » (n° 50).

Le pape Jean-Paul II, dans sa Lettre apostolique Tertio millennio adveniente, rappelle que le Christ est « unique Médiateur entre Dieu et les hommes et unique Rédempteur du monde » (n° 38). Lumen Gentium appelle Marie la « Mère du Rédempteur » (nos 53 et 55), mais pas « corédemptrice » vu que « aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur » (n° 62). Toutefois, « de par le don et la charge de sa maternité qui l’unissent à son fils, le Rédempteur », elle occupe, parmi toutes les créatures, « la première place » (n° 63). Doit-on pour autant conclure que Marie « co-préside » à la Rédemption. En est-elle la « co-auteur » ? Est-elle « co-Parole » de Dieu ? En tant que « corédemptrice », ne serait-elle pas « co-prêtresse » au Calvaire, « co-sacrifiant » avec son Fils, le Grand-Prêtre ?

À la lumière de Lumen Gentium, la contribution de Marie à l’œuvre de la Rédemption n’est en aucune façon au moyen d’un pouvoir « corédempteur », mais à travers son « intercession répétée » et « son amour maternel », « tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ » (n° 62). Elle n’immole pas son Fils dans un acte de « co-expiation », mais elle est « associée d’un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour » (n° 58), ce qui est précisément l’enseignement de St Louis Grignion de Montfort.

Parce que sa coopération maternelle se fonde sur le « consentement qu’elle apporta par sa foi au jour de l’Annonciation et qu’elle maintint dans sa fermeté sous la croix » (n° 62), Marie appuie ce que le Christ mérite et accomplit efficacement et sacramentellement. Elle ne « co-institue » pas les sacrements. Marie n’est pas « co-présidente », « co-fondatrice » ou « co-productrice » de la grâce sacramentelle. Seul Dieu peut créer et recréer la race humaine dans l’état de grâce. En tant que Nouvelle Ève et Mère de la vie éternelle, elle nourrit et entretient la semence de vie éternelle produite et plantée par son Fils « pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle » (n° 61). Selon St Pierre, dans sa première lettre, nous avons été « engendrés de nouveau d’une semence non point corruptible, mais incorruptible : la Parole de Dieu, vivante et permanente » (1P 1,23). Marie n’est pas un rédempteur, ni une cause efficace ou méritoire qui, ontologiquement, ajouterait à l’efficacité de la rédemption divine de l’homme ; elle est « Mère du Christ et Mère des hommes » (Lumen Gentium n° 54).

Citant St Augustin, Lumen Gentium déclare que Marie est vraiment « Mère des membres [du Christ]… ayant coopéré par sa charité à la naissance dans l’Église des fidèles qui sont les membres de ce Chef » (n° 53). Elle coopère à cette naissance non pas avec l’amour d’un corédempteur, en « co-créant » ou « co-générant » une âme ou la grâce pour une âme, mais elle y coopère avec l’amour d’une mère et appuie l’acte divin de la génération et de la formation des fidèles (cf. Lumen Gentium n° 63). « le désir de Jésus quand Il meurt, dit le pape Jean-Paul II, est que l’amour maternel de Marie embrasse tous ceux pour qui Il est en train de donner Sa vie, l’humanité tout entière » (Colisée, 21 avril 2000).

L’union entre le Christ et Marie n’est pas une union hypostatique, autrement ce qui est attribuable au Christ serait attribuable à égalité à Marie. Jésus est l’auteur de l’acte divin qui recrée et produit la rédemption divine de l’homme dans la grâce, alors que Marie est la mère de l’acte humain qui coopère et appuie la rédemption divine de l’homme dans la grâce. « Sur le chemin de Croix, Marie se montre comme la Mère du Rédempteur du monde (pape Jean-Paul II, Colisée, 21 avril 2000).

Parce qu’elle a été « rachetée de façon éminente » (Lumen Gentium, n° 53), elle ne recrée par l’humanité dans un état de grâce, mais distribue, appuie et transmet seulement ce qui « découle de la surabondance des mérites du Christ » (Lumen Gentium, n° 60). En tant que Mère des fidèles, elle n’est pas une cause « co-efficace » de la rédemption. Vu que Dieu seul crée et recrée, la corédemption est, de façon singulière, un acte trinitaire au-delà des capacités de tout être humain créé.

Plutôt que d’être présentée comme un rédempteur dans l’ordre de la grâce, Marie est « dans l’ordre de la grâce, notre Mère » (Lumen Gentium, n° 61), tandis que Jésus est le Rédempteur de l’homme et la source de la vie sacramentale dans l’Église. Le Corps mystique du Christ, en tant que communion de personne, est racheté par la Trinité corédemptrice et naît de l’eau et du sang coulant du côté du Christ. Selon le pape Jean-Paul II, « à travers son propre sang, Il entre dans la demeure éternelle, ayant accompli la Rédemption du monde » (Colisée, 21 avril 2000).

Dans l’Église, l’homme renaît de l’eau, de l’Esprit Saint et la maternité spirituelle de Marie. En tant que Mère de l’Église, Marie « se livra elle-même intégralement, comme la servante du Seigneur, à la personne et à l’œuvre de son Fils, pour servir, dans sa dépendance et avec lui, par la grâce du Dieu tout-puissant, au mystère de la Rédemption » (Lumen Gentium, n° 56). Dans la mesure où le Christ prend chair de la Marie, elle a contribué matériellement et par son consentement, mais pas d’une manière efficace, à l’œuvre divine de la Rédemption « lorsque le Fils de Dieu prit d’elle la nature humaine pour libérer l’homme du péché par les mystères de sa chair » (Lumen Gentium, n° 55).

La coopération de Marie au mystère du plan providentiel de Dieu est basé non tant sur la Rédemption, la sanctification ou le salut des fidèles, mais sur la primauté de sa propre sanctification, qui est le foyer et le lieu d’où « de divin mystère de salut se révèle pour nous » (Lumen Gentium, n° 52) et où elle investie non pas de la faculté d’être un corédempteur, mais de la « dignité d’être la Mère du Fils de Dieu, et, par conséquent, la fille de prédilection du Père et le sanctuaire du Saint-Esprit » (Lumen Gentium, n° 53).

Information annexe [ajoutée en juin 2004]

Des pétitions comptabilisant des millions de signatures du monde entier ont été présentées au Vatican pour obtenir la proclamation d’un nouveau dogme déclarant « Corédemptrice » la Bienheureuse Vierge Marie. En conséquence, le sujet a retenu l’attention des médias et suscité discussion, confusion et malentendu.

Nous reproduisons ci-dessous les interviews, datant de 2002, de deux mariologues de renom qui exposent le pour et le contre du débat théologique.

Q: Pourquoi le dogme de Marie « Corédemptrice » ne serait-il pas d’actualité ?

A: Point de vue du Père Stefano de Fiores, membre de l’Académie Mariale Pontificale Internationale.

L’Église va-t-elle proclamer le dogme de Marie « Corédemptrice et Médiatrice de toutes grâces », comme certains groupes le préconisent vivement ? L’agence de presse catholique ZENIT a interrogé sur ce sujet le Père Stefano de Fiores, professeur de Mariologie à l’Université Pontificale Grégorienne de Rome.

Le Père de Fiores est membre de l’Académie Mariale Pontificale Internationale, qui conseille le pape sur toutes les questions théologiques touchant à la personne de Marie. Il a dit que définir Marie comme « Corédemptrice » ne signifie pas la placer au même niveau que Jésus, mais souligne son rôle de coopération au salut.

ZENIT : On propose d’invoquer Marie comme Corédemptrice. Serait-il nécessaire pour cela de proclamer un nouveau dogme ?

Père de Fiores : D’un point de vue conciliaire et œcuménique, il n’est certainement pas opportun de proclamer ce dogme maintenant. Nos frères séparés, protestants et orthodoxes, nous reprochent de ne pas les avoir consultés à l’occasion de la proclamation des derniers dogmes marials. C’est pourquoi je pense qu’un dogme de ce genre devrait inclure leur participation.
Avançons d’abord vers l’union ou vers une certaine convergence entre chrétiens ; nous examinerons ensuite s’il est pertinent de proclamer Marie Corédemptrice.
En fait, le titre de « Corédemptrice » n’a plus été employé depuis Pie XII, et les papes ne le mentionnent plus afin précisément de ne pas créer des malentendus avec les protestants. Sans cela, la corédemption n’est pas quelque chose de nouveau. Déjà St Irénée, un Père de l’Église, se référait à Marie comme « causa salutis » [cause du salut] en vertu de son « fiat » [son « oui »].

ZENIT : N’est-il pas hérétique d’élever Marie à cette catégorie, en la plaçant presque au même niveau que Jésus ?

Père de Fiores : Il est nécessaire de préciser qu’il ne s’agit pas de la placer sur le même plan que Jésus. Le caractère central du salut du Rédempteur est une donnée de fait. La Vierge est perçue comme collaborant à cette rédemption. Jésus Christ n’est pas remis en question. Le propos n’est pas une juxtaposition à l’œuvre de salut de Jésus Christ, mais une participation, une dépendance dans le salut. Ce point doit être très clair.

ZENIT : Aujourd’hui, le catholicisme insiste sur le rôle salvifique de Marie. Pourquoi ?

Père de Fiores : Nous devons garder à l’esprit que chaque année on publie plus de mille articles théologiques sur Marie. Le grand souci des mariologues est d’éviter un discours isolé sur Marie. C’est pourquoi, la mariologie est étudiée dans une approche interdisciplinaire. Les articles et livres publiés situent la mariologie en lien avec les autres domaines de la théologie, y compris la sotériologie [étude du salut].

Le rôle de Marie dans le salut a déjà été examiné par le Concile Vatican II. La nouvelle perspective, historico-salvifique, adoptée par le Concile présente Marie dans le mystère du Christ et de l’Église. Elle n’est pas un chapitre séparé.

Les Pères de l’Église eux-mêmes ont souligné le rôle de Marie dans le salut. Aujourd’hui, ajoutée à cette perspective salvifique, il y a tendance à retenir l’implication du christianisme dans l’histoire.

Dans ce contexte, Marie est la femme libre et responsable qui chante un hymne de liberté, le Magnificat, ainsi que la femme qui a le souci des pauvres. Elle proclame la liberté que le Christ apporte dans le temps et dans l’histoire. Ainsi Marie est-elle le modèle et le paradigme de l’homme sauvé par le Christ.

Dans un monde comme le nôtre, fragmenté en blocs, Marie est celle qui accepte l’autre tout en maintenant son identité. Marie est en faveur de l’homme. Si elle est celle qui reçoit le salut, elle est, au-delà d’une telle affrimation, celle qui l’amène.

ZENIT : Quelles sont les conséquences du dialogue œcuménique ?

Père de Fiores : Les protestants – je pense, par exemple, à Henrick Ott, le successeur de Karl Barth à Bâle – reconnaissent qu’ils se sentent mal aise devant la présentation, faite par Léon XIII, de Marie en tant que Médiatrice.
Cependant, ils nous comprennent les catholiques quand nous affirmons que l’on va à Jésus par Marie. Ils pensent que nous présentons parfois Marie comme si elle était située en dehors de la médiation du Christ. Le Vatican a donné la solution : la médiation de Marie est en Christ, pas à côté du Christ. Il est montré que non seulement elle sauve, mais qu’elle rend le salut possible. Cela, c’est acceptable par tous.

ZENIT : Dans sa nouvelle lettre sur le rosaire, le pape a proposé une révolution spirituelle mariale. Quelle est l’intention du pape ?

Père de Fiores : Ce n’est pas une révolution, mais une redécouverte et un progrès dans la forme. Mis à part quelques petites variations, le rosaire n’avait pas bougé depuis 1569.
Le pape propose quelques nouveautés avec ces cinq mystères. Il rend la prière du rosaire plus centrée sur le Christ et plus méditative, moins mécanique et plus réfléchie.
Les nouveaux mystères répondent à un besoin que les spécialistes, notamment en France et en Italie, avaient relevé en plusieurs occasions. Entre le dernier mystère joyeux et le premier mystère douloureux, le saut était trop grand. Des épisodes marquants de la vie de Jésus étaient oubliés. De toute façon, il est évident que le rosaire est une synthèse et ne peut tout contenir.

ZENIT : Le rosaire est-il maintenant de caractère plus christologique et moins mariologique ?

Père de Fiores : Jean-Paul II insiste pour que tout soit centré sur Jésus Christ. Le « Je vous salue Marie » est une prière mariale, mais aussi christologique.
Jésus [« le fruit de vos entrailles »] et son nom [« Jésus »] sont placés au centre de la prière. Pour cette raison, le nom de Jésus est prononcé et suivi d’une apposition. Cela donne à la prière un caractère plus christologique et, donc, plus œcuménique. Déjà vers 1300, une communauté de moniales cisterciennes de Trêves avait ajouté plus de 50 appositions au nom de Jésus.
Ce qui est aussi significatif, c’est le relief que le pape accorde au silence. Le rosaire ne doit pas être récité mécaniquement. En plus de l’importance du silence, de l’énoncé biblique des mystères et d’autres nouveautés, le pape a ajouté une oraison finale : une prière pour obtenir la grâce du mystère à la personne qui récite le rosaire. C’est un passage de la prière à la vie.
Le rosaire est la seule prière qui fait passer à la vie personnelle le mystère célébré liturgiquement. En outre, il est très important pour la paix. Le rosaire, par exemple, a joué un rôle décisif dans la vie de l’Église à l’époque de la bataille de Lépante qui a vu la défaite des Ottomans. De fait, c’est à cette occasion qu’est né le titre de Notre-Dame du Rosaire.

Il faut faire attention cependant : nous ne devons pas considérer le rosaire comme une arme. Ce n’en est pas une. C’est un moyen pacifique pour obtenir la paix. Vu la violence et l’insuffisance des moyens publics, seul Dieu peut donner la paix. Lui seul peut infuser, dans le cœur des hommes et des femmes, la sérénité de ne pas recourir à la violence.

Q: Pourquoi le dogme de Marie « Corédemptrice » serait-il d’actualité ?

A: Point de vue de Mgr Arthur B. Calkins, membre de l’Académie Mariale Pontificale Internationale.

Interview réalisée par l’agence catholique de presse « KATH.NET ». Mgr Calkins est un prêtre de l’archidiocèse de la Nouvelle-Orléans, aux Etats-Unis, où il a servi dans de nombreuses paroisses. Il a une licence en théologie avec spécialisation en mariologie de l’International Marian Research Institute de Dayton et un doctorat dans le même domaine de la Faculté Pontificale de Théologie « Saint Bonaventure » de Rome (le « Seraphicum »). Auteur de diverses publications en mariologie et spiritualité, il a été nommé membre correspondant de l’Académie Mariale Pontificale Internationale en 1985 et membre correspondant de l’Académie Théologique Pontificale Romaine en 1995. Il est représentant de la Commission Pontificale « Eccelsia Dei » depuis 1991. En 1997, il a été nommé Chapelain de Sa Sainteté avec le titre de Monseigneur.

KATH.NET : Dans une récente interview, le Père Stefano de Fiores s’est prononcé contre l’opportunité d’une définition dogmatique de Marie comme Corédemptrice, en affirmant que nos frères séparés devraient être consulté au sujet d’une telle définition et en déclarant qu’un certain type de consensus devrait être atteint avec eux avant qu’une définition ne devienne possible. Qu’en pensez-vous ?

Mgr Calkins : Mon premier commentaire est qu’un œcuménisme catholique authentique ne devrait jamais être considéré comme une simple affaire de consensus ou compromis même si c’est parfois l’impression que cela donne aujourd’hui. Si nous, catholiques, devons avoir un authentique amour chrétien envers nos frères séparés et respecter leurs points de vue, nous ne devons pas moins avoir amour et respect pour La « foi catholique qui nous vient des apôtres ». C’est pourquoi je ne crois pas que nous devons permettre à nos frères séparés ou au « politiquement correct » de dicter la doctrine catholique ou de décider quand il est opportun de la proclamer.

KATH.NET : Mais est-ce qu’il ne paraît pas inutile, voire contre productif de promouvoir une définition de Marie comme Corédemptrice alors que la question soulève des objections à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église et que tant d’autres sujets semblent beaucoup plus importants ?

Mgr Calkins : Si le rôle corédempteur de Marie soulève des objections à l’intérieur de l’Église, je crois que c’est parce qu’il y a souvent eu une tendance inconsciente de la part des catholiques ces derniers temps à accepter le dogme luthérien fondamental du « Christ seul » sans reconnaître que la doctrine catholique a toujours maintenu la centralité et primauté absolues du Christ tout en ne niant pas la nécessité de la collaboration de l’homme dans l’œuvre du salut. De plus, l’enseignement catholique à partir des Pères apostoliques a clairement soutenu que personne n’a autant pleinement collaboré à l’œuvre de salut que Marie, la « Nouvelle Ève ». C’est là une « vérité salvatrice » qui dit beaucoup au sujet du rôle de Marie dans l’économie du salut et dans nos vies, ainsi qu’à notre sujet, au sujet du salut et la valeur de la souffrance salvifique. Si d’autres sujets paraissent plus importants que ceux-ci, je crains que ce soit parce que nous avons perdu nos fondements philosophiques et théologiques et que nous sommes devenus des pragmatistes « politiques ».

KATH.NET : Le Père de Fiores a dit que « le titre de Corédemptrice n’a plus été employé depuis Pie XII, et les papes ne le mentionnent plus afin précisément de ne pas créer des malentendus avec les protestants ». Comment répondez-vous à cela ?

Mgr Calkins : La première mouture du document qui allait finalement devenir le chapitre 8 de Lumen Gentium reconnaissait explicitement la légitimité du terme de Corédemptrice appliqué à Notre Dame, mais se retint de l’utiliser pour ne pas causer des problèmes excessifs avec nos frères et sœurs protestants. Je crois que nous sommes libres de discuter la sagesse d’une telle approche. Le fait est que le chapitre 8 de Lumen Gentium (spécialement les paragraphes 57-58 et 60-62) accorde plus d’attention à la collaboration tout à fait unique de Marie dans l’œuvre de notre salut que tous les autres conciles œcuméniques réunis, même si le mot « Corédemptrice » n’a pas été employé !
Mais une clarification ultérieure s’impose aussi : le pape Jean-Paul II a parlé de Notre Dame en tant que Corédemptrice ou de son rôle corédempteur au moins six fois. Je les ai récemment énumérés dans mon article « The Mystery of Mary Coredemptrix in the Papal Magisterium » dans Mark MIRAVALLE (éd.), Mary Co-redemptrix: Doctrinal Issues Today (Goleta, Californie: Queenship Publishing, 2002) et j’ai analysé le plus importants de ces textes, l’homélie du pape à Guayaquil, en Équateur, le 31 janvier 1985, dans mon article « Pope John Paul II’s Ordinary Magisterium on Marian Coredemption: Consistent Teaching and More Recent Perspectives » dans Mary at the Foot of the Cross – II (New Bedford, Massachusetts: Academy of the Immaculate, 2002). Quoiqu ‘il y ait certains mariologues qui veulent qualifier tous ces emplois de « marginaux [et] donc dépourvus de poids doctrinal », je me permets de ne pas partager leur point de vue et je trouve leur jugement étrangement en désaccord avec la déclaration de Lumen Gentium 25 sur le magistère ordinaire du pape.

KATH.NET : Pourquoi appuyez-vous une définition de Marie en tant que Corédemptrice ?

Mgr Calkins :

J’appuie une telle définition parce que je crois qu’il s’agit d’une « vérité salvifique » que l’Église de notre temps a particulièrement besoin d’entendre et d’assimiler. Ce n’est pas une vérité « nouvelle », mais c’en est une que l’Esprit Saint a mise en lumière avec toujours plus de précision au cours du dernier millénaire (cf. les allocutions du pape lors des audiences générales du 25 octobre 1995 et du 9 avril 1997). De toute évidence, ce fut un objet d’attention pour le Concile Vatican II et, comme c’est le cas pour tant d’autres thèmes conciliaires, nous commençons à peine à saisir la richesse de ce qui y a été dit, en particulier grâce à l’enseignement du pape Jean-Paul II. Bien sûr, le terrain doit être préparé pour une telle définition et, au cours des dernières années, d’excellentes études ont été consacrées à ce sujet, notamment en anglais et en italien. Le professeur Mark Miravalle a déjà publié quatre volumes d’études (cf. www.queenship.org), les Frères Franciscains de l’Immaculée à Frigento, de nombreuses monographies et les Frères Américains de l’Immaculée, deux volumes d’études spécialisées (un troisième est en route, cf. www.marymediatrx.com). Des études sur la collaboration de Marie à l’œuvre de la rédemption ont aussi commencé à paraître en d’autres lieux comme la faculté de théologie de Lugano en Suisse.

KATH.NET : Quels seraient, selon vous, les avantages d’une telle définition ?

Mgr Calkins : S’il est vrai que Dieu a attribué à Marie un rôle unique dans l’œuvre de notre rédemption, il nous faut le reconnaître, le célébrer et en recueillir les bienfaits. Les quatre premiers dogmes marials (maternité divine, virginité perpétuelle, Immaculée Conception, Assomption) ont à faire avec la personne de Marie et se sont déployés d’une manière providentielle. Maintenant, je crois qu’il est temps de mettre en lumière son rôle de principal collaborateur humain à l’œuvre de notre rédemption, son rôle de Médiatrice dont la médiation unique découle totalement de celle du Christ (cf. Lumen Gentium 60), son rôle d’Avocate (après le Christ et l’Esprit Saint) qui ne cesse jamais d’intercéder pour ses enfants jusqu’à ce que le dernier d’entre eux soit conduit dans la patrie céleste (cf. Lumen Gentium 62). Plus nous prenons conscience de son rôle, plus nous pouvons en être enrichis. Je crois que les avantages, ne serait-ce que par rapport à la clarification de la doctrine catholique, seraient incalculables.

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Liturgie

Q: Quelles sont les fêtes mariales ?

A: Il y a de nombreuses fêtes mariales célébrées par l’Église catholique. Les plus importantes sont, selon l’ordre du calendrier : la solennité de Marie Mère de Dieu, la fête de la présentation du Seigneur au Temple, la solennité de l’Annonciation, la fête de la Visitation, la solennité de l’Assomption et la solennité de l’Immaculée Conception.

La solennité de Marie Mère de Dieu est la plus ancienne fête mariale célébrée par l’Église de Rome. Elle commémore la vocation de Marie à devenir la mère de Jésus Christ. Marie a été définie « Mère de Dieu » au Concile d’Éphèse en 431 après JC, mais la notion elle-même est bien plus ancienne. La solennité de Marie Mère de Dieu est célébrée le 1er janvier.

La fête de la Présentation du Seigneur au Temple est célébrée le 2 février. Elle commémore l’offrande de l’enfant Jésus au Temple faite par Marie et Joseph quarante jours après la naissance du bébé. L’histoire est rapportée en Lc 2,22-39. La fête est aussi appelée « Chandeleur » – mot de la même famille que « chandelier » – en référence aux paroles prononcées par le vieillard Siméon qui dit de l’enfant qu’il est « lumière pour éclairer les nations » (Luc 2,32).

La solennité de l’Annonciation, le 25 mars, commémore l’apparition de l’ange Gabriel venu annoncer à Marie qu’elle allait concevoir, porter et enfanter le Fils de Dieu en qui nature divine et nature humaine seront unies. L’Annonciation coïncide ainsi avec le moment de l’Incarnation. L’ange apprend aussi à Marie que sa cousine Élisabeth, quoique âgée, est enfin enceinte de celui qui deviendra Jean-Baptiste. Luc 1,26-38 contient le récit de l’Annonciation.

La fête de la Visitation commémore la visite effectuée, dans le prolongement de l’Annonciation, par Marie auprès de sa cousine Élisabeth qui en est à son sixième mois de grossesse. Marie restera trois mois auprès d’Élisabeth. Le récit de la Visitation est rapporté en Luc 1,39-56. La fête est célébrée le 31 mai, en clôture du mois de Marie.

La solennité de l’Assomption, le 15 août, célèbre l’entrée de Marie au ciel, en corps et en âme. Du fait qu’elle a été perpétuellement sans péché, Marie est la première des fidèles à bénéficier pleinement de la rédemption. Les catholiques croient qu’en vertu du lien étroit unissant Marie à son fils Jésus, elle a eu le privilège de recevoir par anticipation la grâce de la résurrection des morts. Marie n’a pas à endurer la suspension de la vie éternelle dans l’attente de la résurrection des morts. L’Assomption de Marie a été déclarée dogme de foi – auxquels les fidèles catholiques sont tenus d’adhérer – par le pape Pie XII le 1er novembre 1950.

Bien que nombreux sont ceux qui, de façon erronée, croient que l’Immaculée Conception s’applique à Jésus, cette solennité célèbre, le 8 décembre, le fait que Marie a été conçue libre de tout péché, notamment du péché originel dont tous les descendants d’Adam et Ève héritent en conséquence de la chute du premier couple hors de l’état originel de grâce dans le jardin d’Eden, ainsi qu’il est raconté dans le chapitre 3 du livre de la Genèse. C’est le pape Pie IX qui, le 8 décembre 1854, a proclamé le dogme selon lequel Marie a été conçue libre de tout péché. Le fait que Jésus est sans péché n’avait, quant à lui, jamais été mis en doute. Logiquement, neuf mois après l’Immaculée Conception, soit le 8 septembre, l’Église célèbre la fête de la Nativité de Marie.

En résumé, les célébrations mariales ont leur origine, première ou ultime, dans une décision ecclésiale. L’Église ce faisant décide aussi si ces commémorations doivent être célébrées au niveau local, régional ou universel et quel rang liturgique il convient de leur attribuer (solennité, fête, mémoire) selon l’importance de leur objet. On distingue en outre les différentes catégories suivantes de célébrations mariales :

1. Célébrations d’événements relatés dans les Écritures (par exemple, l’Annonciation)
2. Célébrations dont l’objet est une déclaration dogmatique (par exemple, l’Immaculée Conception)
3. Célébrations nées d’une dévotion populaire et/ou d’un événement historique (par exemple, Notre Dame du Rosaire, mémoire instituée après la victoire de Lépante sur les Ottomans)
4. Célébrations liées à un lieu précis et basée sur des apparitions ou d’autres événements particuliers (par exemple, Notre Dame de Lourdes).

Pour plus d’informations, voir :

La Page de Marie, QFP n° 1

La Page de Marie, QFP n° 2

La Page de Marie, QFP n° 5

La Page de Marie, QFP n° 6


Q: Que sont les « Messes en l’honneur de la Vierge Marie » ?

A: Les Messes en l’honneur de la Vierge Marie, publiées par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements (= CCDDS) en 1986, sont un recueil de 46 messes à l’usage des sanctuaires marials et des communautés désireuses de célébrer la mémoire de la Vierge Marie le samedi. Publié originellement en deux volumes, un missel et un sacramentaire, son statut en tant que livre liturgique officiel confère une autorité à la fois à chacune des messes et aux principes contenus dans les Préliminaires.

Les Messes furent approuvées par la CCDDS en réponse à celles et ceux qui souhaitaient disposer d’un plus grand choix de textes pour célébrer la participation de Marie au mystère du Christ tout au long de l’année liturgique. Les textes ont des provenances diverses : d’anciens sacramentaires, le Missel Romain de Paul VI ainsi que des formulaires composés récemment par des congrégations religieuses ou des diocèses et soumis à la CCDDS pour approbation (parmi les congrégations religieuses dont les textes ont été utilisés figurent les Servites de Marie et les Passionistes ; le propre des Marianistes pour la célébration du Saint Nom de Marie fut inclus avec une nouvelle préface). Certains textes ont été composés directement par des membres de la CCDDS.

Ces nouvelles messes peuvent être considérées comme un élargissement des textes marials qui se trouvent dans le Missel de Paul VI. La messe mariale la plus fréquemment utilisée jusqu’alors, celle du « Commun de la Vierge Marie », était jugée « théologiquement mince et thématiquement monotone ». Le nouveau recueil offre désormais une riche variété de textes scripturaires et liturgiques pour célébrer la mémoire de la Vierge Marie le samedi ou d’autres messes votives en harmonie avec les temps de l’année liturgique. Beaucoup de références à Marie sont extraites de l’encyclique Marialis Cultus de Paul VI en 1974 : demeure de l’Esprit Saint, mère de l’Église, disciple du Christ, modèle de la foi, notre sœur, la femme nouvelle, etc.

Les 46 messes sont arrangées selon le découpage de l’année liturgique : Avent (3), Noël (6), Carême (5), Pâques (4) et Temps ordinaire (28). Le temps de l’Avent célèbre « le double Avènement du Seigneur : le premier, dans l’humilité, quand, à la plénitude temps (…), le Fils de Dieu, prenant chair de la Vierge Marie, est venu dans le monde pour sauver les hommes ; le second, dans la gloire, lorsqu’il viendra à la fin des temps juger les vivants et les morts (…) et conduire les justes dans la maison du Père, où la Vierge Marie les a précédés dans la gloire ». Au temps de Noël, il est rappelé que la Vierge Marie « a été présente de manière toute spéciale aux mystère de l’enfance et aux manifestations du Seigneur : à la naissance de Jésus, à sa manifestation aux bergers et aux mages, à sa présentation au Temple (…) ; à la fuite en Égypte, au recouvrement de Jésus au Temple, à sa vie cachée et laborieuse en compagnie de Joseph dans la maison de Nazareth ; enfin aux noces de Cana, où elle pria son fils en faveur des époux, et où il accomplit le premier de ses signe et manifesta sa gloire (…) ». Pendant le Carême, Marie est proposée aux fidèles « comme le modèle du disciple qui écoute fidèlement la parole de Dieu et met ses pas dans les pas du Christ jusqu’au Calvaire (…) » [Depuis la suppression, en 1960, de la commémoration des Sept Douleurs de Marie au cours de la Semaine Sainte, nombreux ont été ceux qui ont demandé qu’à un moment au cours du Carême il soit fait mémoire de celle qui s’est « associée au sacrifice de son Fils avec un cœur maternel ».] Au cours du Triduum pascal, Marie se présente comme « la femme nouvelle qui, debout près de l’arbre de vie (…), est associée au Christ, l’homme nouveau, et comme la mère à qui le Seigneur recommande tous ses disciples (…) ». Durant le Temps pascal, Marie est celle qui est « remplie de joie à cause de la résurrection de son fils, persévérant dans la prières avec les Apôtres, implorant avec eux dans la foi le don de l’Esprit Saint (…) ». Au Temps ordinaire, les formulaires de messes « célèbrent tous le même mystère : ce que Dieu a accompli dans la Vierge Marie en relation avec le Christ et l’Église, mais sous des aspects multiples et variés ».

Les Préliminaires du recueil détaille le rôle et la présence de Marie dans la liturgie. « Les messes en l’honneur de la Vierge Marie tirent leur raison d’être et leur valeur de l’intime participation de la Mère du Christ à l’histoire du salut. » Avant tout, dans chaque commémoration de Marie, l’Église célèbre « les événements du salut, auxquels, selon le dessein de Dieu, elle (Marie) a été associée en vue du mystère du Christ ». Le lectionnaire de textes scripturaires de l’Ancien et du Nouveau Testament est basé sur la conviction que toutes les Écritures constituent « un corps unique, rempli du mystère du Christ et de l’Église ». La Vierge Marie se reflète dans le mystère du Christ présent dans les Écritures.

Les Préliminaires passent en revue la présence de Marie tout au long de l’histoire du salut. Au premier moment de cette histoire – l’Ancien Testament –, la figure de Marie est suggérée ou annoncée de manières diverses. « Aussi certains événements, figures ou symboles de l’Ancien Testament préfigurent-ils ou évoquent-ils admirablement la vie et la mission de la Vierge Marie, Fille de Sion et Mère du Christ. » Marie est préfigurée dans Ève, dans Abraham, Moïse, Ruth, Anne, Judith, Esther, dans la mère des sept Maccabées, dans l’épouse du Cantique des Cantiques, dans la fille de Sion, le buisson ardent, l’arche d’alliance, la cité de Dieu et dans le Temple de Jérusalem.

Au deuxième moment, celui du salut pleinement révélé en Jésus Christ, Marie précisément celle qui « est entrée intimement dans l’histoire du salut ». Elle est présente dans les mystères du Christ en tant que mère du « Christ, notre Dieu » (messe 26) ; que « première créature du peuple nouveau » (messe 20) ; que « mère du Rédempteur et associée à son œuvre » (messe 30) ; que celle qui « s’est mise au service du mystère de la rédemption » (messe 22) ; et que « associée à la passion du Christ » (messe 12).

Au troisième moment de l’histoire du salut, le « temps de l’Église », Marie est « modèle de la Mère Église » (messes 16 et 17) ; « modèle de l’Église en prière » (messe 25) ; « celle qui accompagne et protège l’Église de son amour maternel » (messe 25) ; « modèle de culte authentique » (messe 26).

Les 46 formulaires du recueil des Messes en l’honneur de la Vierge Marie proviennent d’époques et de sources différentes. Certains reflètent un moment particulier de l’histoire de la dévotion mariale ou bien un mystère ou un titre d’importance particulière pour un diocèse ou une congrégation religieuse. En mettant ces textes à la disposition de tous, le recueil offre de nouvelles possibilités à la dévotion mariale en lien avec la liturgie. Nous espérons que ces nouveaux titres, images et contextes dans lesquels Marie apparaît influenceront la dévotion populaire et alimenteront l’art, la poésie, la prière, le chant marials.

Il existe une traduction française des 46 messes, publiées en un volume sous le titre Messes en l’honneur de la Vierge Marie, par Desclée et Mame, à Paris, en 1988.

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Prières

Q: Comment prier le Rosaire ?

A: Pour prier le rosaire, on doit utiliser un chapelet. Un chapelet est fait de ficelle enfilée dans des grains et d’un crucifix. Le crucifix est attaché à une courte ficelle comprenant cinq grains (un gros, trois petits et un gros) et elle-même reliée à une autre ficelle, plus longue et circulaire, comportant cinq séries de petits grains – appelées « dizaines » – séparées entre elles par un grain plus gros.

On commence par le crucifix en faisant un signe croix, puis en récitant le Symbole des Apôtres. Sur le gros grain qui vient ensuite, on récite le Notre Père puis un Je vous salue Marie sur chacun des trois petits grains qui suivent. Sur le dernier gros grain de la ficelle courte, on dit « Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles, amen ! », on annonce et médite le premier mystère et on récite à nouveau le Notre Père. On enchaîne alors avec la première dizaine de petits grains de la ficelle circulaire en récitant un Je vous salue Marie sur chacun d’eux. Sur le dernier d’entre eux, après le Je vous salue Marie, on redit « Gloire au Père… ». Puis on recommence le cycle sur le prochain gros grain intermédiaire, en annonçant et en méditant le deuxième mystère suivi d’un Notre Père et en reprenant un Je vous salue Marie sur chacun des petits grains de la nouvelle dizaine, et ainsi de suite, selon le même schéma, pour les troisième, quatrième et cinquième mystères. À la fin de chaque dizaine, après le « Gloire au Père… », certains ajoutent la prière « Ô mon Jésus » selon les paroles délivrées par la Vierge à Fatima. De même, après le cinquième et dernier « Gloire au Père… » du chapelet, on peut réciter la prière « Salut, ô Reine », suivie d’un signe de croix.

Le chapelet ordinaire comprend cinq dizaines. Correspondant à cela, les mystères médités sont aussi au nombre de cinq. Il y a ainsi cinq Mystères Joyeux, cinq Mystères Lumineux, cinq Mystères Douloureux et cinq Mystères Glorieux. L’ensemble des quatre séries de cinq mystères – soit la récitation complète des vingt dizaines – constitue le Rosaire proprement dit.

On prie les Mystères Joyeux le lundi et le samedi :
Les textes bibliques sont ceux de l’édition 1998 de la Bible traduite en français sous la direction de l’École biblique de Jérusalem.

Signe de Croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen !

Symbole des Apôtres

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre.
Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,
est mort et a été enseveli,
est descendu aux enfers,
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d’où il viendra juger les vivants et les morts,
Je crois en l’Esprit Saint,
à la sainte Église catholique,
à la communion des saints,
à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair,
à la vie éternelle. Amen.

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal. Amen.

Je vous salue Marie

Je vous salue Marie, pleine de grâce.
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
et Jésus le fruit de vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
(3 fois)

Gloire au Père…

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

1. L’Annonciation de l’Ange Gabriel à la Vierge Marie

Méditation : L’ange dit à Marie… «Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut ». Luc 1,31-32.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…

(Ô mon Jésus)

(Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés,
préservez-nous du feu de l’enfer,
conduisez toutes les âmes au ciel,
surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.)

2. La visite de la Vierge Marie à sa cousine Élisabeth

Méditation : « Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! (…) Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été de la part du Seigneur ! » Luc 1,42-45.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

3. La naissance de Jésus dans la grotte de Bethléem

Méditation : « Or il advint, comme ils [Joseph et Marie] étaient là [à Bethléem, pour le recensement], que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. Elle enfanta son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’ils manquaient de place dans la salle. » Luc 2,6-7.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

4. Jésus est présenté au temple par Marie et Joseph

Méditation : « Et lorsque furent accomplis les jours pour leur [de Joseph et Marie] purification, selon la loi de Moïse, ils l’ [Jésus] emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur. » Luc 2,22.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

5. Jésus est retrouvé dans le temple

Méditation : « Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils [Joseph et Marie] le [Jésus] trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. » Luc 2,46-47.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

(Salut ô Reine)

(Salut, ô Reine, mère de miséricorde :
notre vie, notre douceur et notre espérance, salut !
Enfants d’Ève, exilés, nous crions vers toi ;
vers toi, nous soupirons,
gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
Ô toi, notre avocate,
tourne vers nous ton regard miséricordieux.
Et après cet exil,
montre-nous Jésus, le fruit béni de tes entrailles,
ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie !

On prie les Mystères Lumineux le jeudi :

Aux mystères traditionnels (joyeux, douloureux, glorieux), le pape Jean-Paul II a ajouté les mystères lumineux : "Un ajout serait opportun, tout en le laissant à la libre appréciation des personnes et des communautés" (Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae du 16 octobre 2002). Comme ces mystères ont été introduits tout récemment dans le Rosaire, nous complétons les méditations sur les textes bibliques par des commentaires du Saint-Père, extraits de sa lettre apostolique.

Signe de Croix
Symbole des Apôtres
Notre Père
Je vous salue Marie (3 fois)
Gloire au Père…

1. Le Baptême dans le Jourdain

Méditation : « Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui. Celui-ci l’en détournait, en disant : “C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !” Mais Jésus lui répondit : “Laisse faire pour l’instant : car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice.” Alors il le laisse faire. Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l’eau ; et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu’une voix venue des cieux disait : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur.” » Matthieu 3,13-17.
Le Baptême au Jourdain est avant tout un mystère de lumière. En ce lieu, alors que le Christ descend dans les eaux du fleuve comme l'innocent qui se fait “péché” pour nous (cf. 2 Corinthiens 5,21), les cieux s'ouvrent, la voix du Père le proclame son Fils bien-aimé (cf. Matthieu 3,17 par), tandis que l'Esprit descend sur Lui pour l'investir de la mission qui l'attend. Rosarium Virginis Mariae, n° 21.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

2. Les noces de Cana

Méditation : « Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples. Et ils n’avaient pas de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : “Ils n’ont pas de vin.” Jésus lui dit : “Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée.” Sa mère dit aux servants : “Tout ce qu’il vous dira, faites-le.” Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus leur dit : “Remplissez d’eau ces jarres.” Ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit” “Puisez maintenant et portez-en au maître du repas.” Ils lui en portèrent. Lorsque le maître du repas eut goûté l’eau devenue vin – et il ne savait pas d’où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l’eau – le maître du repas appelle le marié et lui dit : “Tout homme sert d’abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent !” Cela, Jésus en fit le commencement des signes à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. » Jean 2,1-11.
Le début des signes à Cana est un mystère de lumière (cf. Jean 2,1-12), au moment où le Christ, changeant l'eau en vin, ouvre le cœur des disciples à la foi grâce à l'intervention de Marie, la première des croyantes (…) Dans ces mystères, à l'exception de Cana, Marie n'est présente qu'en arrière-fond. Les Évangiles ne font que quelques brèves allusions à sa présence occasionnelle à un moment ou à un autre de la prédication de Jésus (cf. Marc 3,31-35; Jean 2,12), et ils ne disent rien à propos de son éventuelle présence au Cénacle au moment de l'institution de l'Eucharistie. Mais la fonction qu'elle remplit à Cana accompagne, d'une certaine manière, tout le parcours du Christ. La révélation qui, au moment du Baptême au Jourdain, est donnée directement par le Père et dont le Baptiste se fait l'écho, est sur ses lèvres à Cana et devient la grande recommandation que la Mère adresse à l'Église de tous les temps: « Faites tout ce qu'il vous dira » (Jean 2,5). C'est une recommandation qui nous fait entrer dans les paroles et dans les signes du Christ durant sa vie publique, constituant le fond marial de tous les “mystères de lumière”. Rosarium Virginis Mariae, n° 21.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

3. L’annonce du Royaume de Dieu et l’invitation à la conversion

Méditation : « Après que Jean eut été livré, Jésus vint en Galilée, proclamant l’Évangile de Dieu et disant : “Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l’Évangile.” » Marc 1,14-15.
C'est aussi un mystère de lumière que la prédication par laquelle Jésus annonce l'avènement du Royaume de Dieu et invite à la conversion (cf. Marc 1,15), remettant les péchés de ceux qui s'approchent de Lui avec une foi humble (cf. Marc 2,3-13; Luc 7,47-48); ce ministère de miséricorde qu'il a commencé, il le poursuivra jusqu'à la fin des temps, principalement à travers le sacrement de la Réconciliation, confié à son Église (cf. Jean 20,22-23). Rosarium Virginis Mariae, n° 21.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

4. La Transfiguration

Méditation : « Or il advint, environ huit jours après ces paroles, que, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il gravit la montagne pour prier. Et il advint, comme il priait, que l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d’une blancheur fulgurante. Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie qui, apparus en gloire, parlaient de son départ, qu’il allait accomplit à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. S’étant bien réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui. Et il advint, comme ceux-ci se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus : “Maître, il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, un pour toi, une pour Moïse et une pour Élie” ; il ne savait pas ce qu’il disait. Et pendant qu’il disait cela, survint une nuée qui les prenait sous son ombre et ils furent saisi de peur en entrant dans la nuée. Et une voix partit de la nuée, qui disait : Celui-ci est mon Fils, l’Élu, écoutez-le.” Et quand la voix eut retenti, Jésus se trouva seul. Pour eux, ils gardèrent le silence et ne rapportèrent rien à personne, en ces jours-là, de ce qu’ils avaient vu. » Luc 9,28-36.
La Transfiguration est le mystère de lumière par excellence. Selon la tradition, elle survint sur le Mont Thabor. La gloire de la divinité resplendit sur le visage du Christ, tandis que, aux Apôtres en extase, le Père le donne à reconnaître pour qu'ils “l'écoutent” (cf. Luc 9,35 par) et qu'ils se préparent à vivre avec Lui le moment douloureux de la Passion, afin de parvenir avec Lui à la joie de la Résurrection et à une vie transfigurée par l'Esprit Saint. Enfin, c'est un mystère de lumière que l'institution de l'Eucharistie dans laquelle le Christ se fait nourriture par son Corps et par son Sang sous les signes du pain et du vin, donnant “jusqu'au bout” le témoignage de son amour pour l'humanité (Jean 13,1), pour le salut de laquelle il s'offrira en sacrifice. Rosarium Virginis Mariae, n° 21.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

5. L’institution de l’Eucharistie

Méditation : « Or, tandis qu’ils [Jésus et les apôtres] mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : “Prenez, mangez, ceci est mon corsp.” Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : “Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai avec vous, nouveau, dans le Royaume de mon Père.” Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. » Matthieu 26,26-30.
Enfin, c'est un mystère de lumière que l'institution de l'Eucharistie dans laquelle le Christ se fait nourriture par son Corps et par son Sang sous les signes du pain et du vin, donnant “jusqu'au bout” le témoignage de son amour pour l'humanité (Jean 13,1), pour le salut de laquelle il s'offrira en sacrifice. Rosarium Virginis Mariae, n° 21.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)
(Salut ô Reine)

On prie les Mystères Douloureux le mardi et le vendredi :

Signe de Croix
Symbole des Apôtres
Notre Père
Je vous salue Marie (3 fois)
Gloire au Père…

1. L’agonie de Jésus à Gethsémani

Méditation : « Alors Jésus parvient avec [les disciples] à un domaine appelé Gethsémani (…). Étant allé un peu plus loin, il tomba face contre terre en faisant cette prière : “Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux.” Matthieu 26,36-39.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

2. La flagellation de Jésus

Méditation : « Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié. » Marc 15,15.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

3. Le couronnement d’épines

Méditation : « Alors les soldats du gouverneur prirent avec eux Jésus dans le Prétoire et ameutèrent sur lui toute la cohorte. L’ayant dévêtu, ils lui mirent une chlamyde écarlate, puis, ayant tressé une couronne avec des épines, ils la placèrent sur sa tête, avec un roseau dans sa main droite. Et, s’agenouillant devant lui, ils se moquèrent de lui en disant : “Salut, roi des Juifs !” » Matthieu 27,27-29.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

4. Le portement de la Croix

Méditation : « Ils prirent donc Jésus. Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne – ce qui se dit en hébreu Golgotha… » Jean 19,16-17.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

5. Jésus est crucifié et meurt sur la Croix

Méditation : « C’était déjà environ la sixième heure quand, le soleil s’éclipsant, l’obscurité se fit sur la terre entière, jusqu’à la neuvième heure. Le voile du Sanctuaire se déchira par le milieu, et, jetant un grand cri, Jésus dit : “Père, en tes mains je remets mon esprit.” Ayant dit cela, il expira. » Luc 23,44-46.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)
(Salut ô Reine)

On prie les Mystères Glorieux le mardi et le vendredi :

Signe de Croix
Symbole des Apôtres
Notre Père
Je vous salue Marie (3 fois)
Gloire au Père…

1. La Résurrection de Jésus

Méditation : « Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : “Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit.” » Matthieu 28,5-6.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

2. L’Ascension du Seigneur au ciel

Méditation : « Puis il [Jésus] les [les apôtres] jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Et il advint, comme il les bénissait, qu’il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. » Luc 24,50-51.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

3. La descente du Saint-Esprit au Cénacle

Méditation : « Ils [les apôtres] virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint… » Actes des Apôtres 2,3-4.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

4. L’Assomption de Marie au ciel

Méditation : « Sois bénie, ma fille, par le Dieu Très-Haut, plus que toutes les femmes de la terre ; et béni soit le Seigneur Dieu, Créateur du ciel et de la terre… » Judith 13,18.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ô mon Jésus)

5. Marie est couronnée Reine du ciel et de la terre

Méditation : « Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête… » Apocalypse 12,1.

Notre Père
Je vous salue Marie (10 fois)
Gloire au Père…
(Ò mon Jésus)
(Salut ô Reine)


Q: Quelles sont les prières mariales les plus populaires ?

A: Le Je vous salue Marie est de loin la prière mariale la plus connue. C’est une prière à Marie. La première partie reprend des salutations adressées à Marie dans la Bible, la première par l’ange Gabriel au moment de l’Annonciation (Luc 1,28) et la seconde par Élisabeth au moment de la Visitation (Luc 1,42). La deuxième partie a été ajoutée dans les prolongements du Concile d’Éphèse, au 5ème siècle. Rappelons que ce Concile avait proclamé Marie « Mère de Dieu » :

Je vous salue Marie

Je vous salue Marie, pleine de grâce.
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
et Jésus le fruit de vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Le Je vous salue Marie est parfois intégré dans des prières plus complexes. C’est le cas pour le Rosaire (voir QFP 15) et aussi pour l’Angélus (du latin « angelus » = ange, premier mot de la prière), une prière adressée à Dieu et qui fait mémoire de la rencontre de l’ange avec Marie, commencement de l’Incarnation. Cet événement à l’origine de notre salut est rappelé sous une forme dialoguée, entrecoupée de trois Je vous salue Marie :

Angélus

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie
R. Et elle conçut du Saint-Esprit.
Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
V. Voici la Servante du Seigneur
R. Qu’il me soit fait selon votre parole.
Je vous salue Marie…
V. Et le Verbe s’est fait chair
R. Et il a habité parmi nous.
Je vous salue Marie…
V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu
R. Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.
Prions. Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé. Conduis-nous, par sa passion et par sa croix, jusqu’à la gloire de la résurrection. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Parmi les autres prières à Marie est également connu le Sub Tuum Praesidium (= Sous ta protection, en latin). Il s’agit de la plus ancienne prière à Marie qui nous ait été conservée. Les plus anciens textes qui la rapportent remontent au 3ème siècle ap. J.C. :

Sous ta protection

Sous ta protection
nous cherchons refuge,
sainte Mère de Dieu.
Ne refuse pas nos prières
dans nos besoins,
mais sauve-nous de tout danger,
Vierge glorieuse et bénie.

Une autre traduction lit comme suit :

Sous l’abri de ta miséricorde

Sous l'abri de ta miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprise pas nos prières
quand nous sommes dans l'épreuve,
mais de tous les dangers
délivre-nous toujours,
Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse.

Enfin, il faut encore faire mention d’une prière non pas à Marie, mais de Marie, qui est elle aussi très connue, à savoir le Magnificat (premier mot de la forme latine de cette prière et qui signifie « [Mon âme] exalte… », le latin pouvant commencer une phrase par le verbe alors que le français préfère commencer par le sujet). Cette prière est celle-là même que, selon ce que nous rapporte l’évangile de Luc, Marie a proclamée au cours de la Visitation, chez sa cousine Élisabeth (Luc 1,46-55) :

Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles;
Saint est son nom.
Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent;
Déployant la force de son bras,
Il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leur trône,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais.


Q: Pourquoi les catholiques prient-ils Marie ?

A: Aux yeux des catholiques, les différents types de prières mariales répondent à autant d’intentions différentes. Réciter le Magnificat (voir ci-dessous) est, par exemple, une manière de louer Dieu comme l’a fait Marie. En priant l’Angélus (voir ci-dessous), on commémore un événement de l’histoire du salut dans lequel Marie a joué un rôle majeur. De telles commémorations sont aussi célébrées par l’Église tout entière au cours du cycle liturgique. À Noël, par exemple, les fidèles rappellent le rôle de Marie dans la naissance du Christ.

Les prières qui, tel le Je vous salue Marie, invoquent l’intercession de Marie en faveur d’intentions personnelles, forment un groupe à part, qui a donné matière à controverses depuis le temps de la Réforme aux 16ème et 17ème siècles.

La pratique d’invoquer de saints personnages afin qu’ils intercèdent auprès de Dieu en faveur des suppliants, a ses racines dans les Écritures. Des gens venaient ainsi trouver le prophète Jérémie pour lui demander d’intercéder en leur faveur auprès de Dieu (Jérémie 42,1-2). De là, comme Dieu lui-même fait état de la possibilité pour de grandes figures du passé de plaider auprès de lui la cause d’autrui (Jérémie 15,1), l’idée s’est fait jour que Jérémie continuait son rôle d’intercesseur même après avoir quitté ce monde (2 Maccabées 2,14). Puis, avec la révélation du Christ, les chrétiens ont compris que les saints intercèdent en union avec Jésus. Il y a des priants sur terre (Matthieu 18,19-20) et des priants au ciel (Apocalypse 8,3-4) appelés les « saints ». Aux premiers siècles de l’Église, on vénérait et invoquait celles et ceux qui avaient subi le martyre pour le Christ. La pratique dérive de la doctrine selon laquelle les saints sont unis à Jésus en un unique corps mystique (Romains 12,5).

L’usage d’appeler Marie à l’aide apparaît également très tôt dans l’histoire de l’Église catholique. Un des plus anciens témoignages de la confiance placée en Marie est la prière Sub Tuum que les historiens font remonter au 3ème siècle. En voici une traduction française :

Sous l'abri de ta miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprise pas nos prières
quand nous sommes dans l'épreuve,
mais de tous les dangers
délivre-nous toujours,
Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse.

Cet usage devint objet de désaccord profond entre Catholiques et Protestants. Après la crise de la Réforme, le Concile catholique de Trente réaffirma l’enseignement chrétien traditionnel sur l’intercession des saints, lequel s’applique en prééminence à Marie :
…les saints qui règnent avec le Christ offrent à Dieu leurs prières pour les hommes ; […] il est bon et utile de les invoquer humblement et, pour obtenir de Dieu des bienfaits par son Fils Jésus Christ notre Seigneur, qui est notre seul Rédempteur et Sauveur, de recourir à leurs prières, à leur aide et à leur assistance…

Décret sur l’invocation, la vénération et les reliques des saints, et sur les saintes images, 3 décembre 1563.

Environ un siècle après le Concile de Trente, le Synode de Jérusalem tenu par l’Église orthodoxe a proclamé un point de vue semblable. Les Protestants, en revanche, objectent que le recours à Marie et aux saints affaibli la confiance en Jésus Christ, lequel est notre « unique médiateur » :

Car Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s’est livré en rançon pour tous. Tel est le témoignage rendu aux temps marqués… (1 Timothée 2,5-6).

Un examen approfondi de ce sujet dans le cadre du dialogue entre catholiques et protestants peut être trouvé dans l’ouvrage suivant : GROUPE DES DOMBES, Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints (Paris, Éditions Bayard, 2002). Une excellente réflexion catholique contemporaine sur le sujet figure au chapitre 3 de l’encyclique Redemptoris Mater de Jean-Paul II, publiée en 1987. Le paragraphe 38 débute ainsi comme suit :

L'Eglise sait et enseigne avec saint Paul que nous n'avons qu'un seul médiateur: «Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s'est livré en rançon pour tous» (1 Timothée 2, 5-6). «Le rôle maternel de Marie à l'égard des hommes n'offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ: il en manifeste au contraire la vertu» (Concile du Vatican II, Constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium, § 60) : c'est une médiation dans le Christ.

Les catholiques ne prient pas Marie comme si elle était Dieu. La prière à Marie est mémoire des grands mystères de notre foi (dans le Rosaire : Incarnation et Rédemption opérées par le Christ), louange à Dieu pour les merveilles qu’il a accomplies dans et à travers ses créatures (première partie du Je vous salue Marie) et intercession (deuxième partie du Je vous salue Marie). Cette dernière prière est adressée à Marie vue non pas comme une super vendeuse, mais comme quelqu’un qui nous soutient et nous aide à discerner la volonté de Dieu dans nos vies. Marie est une voie offerte, hautement recommandable et recommandée, mais pas un passage obligé.

TEXTES CITÉS :

Jérémie 42,1-2 : « Alors tous les officiers (…) ainsi que tout le peuple, petits et grands, vinrent dire au prophète Jérémie : “Que notre supplication puisse te toucher ! Intercède auprès de Yahvé ton Dieu en notre faveur…” »

Jérémie 15,1 : « Yahvé me dit : “Même si Moïse et Samuel se tenaient devant moi, je n’aurais pas pitié de ce peuple-là ! Chasse-les loin de moi : qu’ils s’en aillent !” »

2 Maccabées 15,14 : « Prenant la parole, Onias disait : “Celui-ci est l’ami de ses frères, qui prie beaucoup pour le peuple et pour la ville sainte tout entière, Jérémie, le prophète de Dieu.” »

Matthieu 18,19-20 : « De même, je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »

Apocalypse 8,3-4 : « Un autre Ange vint alors se placer près de l’autel, muni d’une pelle en or. On lui donna beaucoup de parfums pour qu’il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or placé devant le trône. Et, de la main de l’Ange, la fumée des parfums s’éleva devant Dieu, avec les prières des saints. »

Romains 12,5 : « …ainsi nous à plusieurs, nous ne formons qu’un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres. »


Q: Qu’est-ce qu’une consécration ?

A: La « consécration » est un terme bien connu dans l’histoire de la spiritualité. La consécration a des racines bibliques et est devenue objet de la quête de nombreux saints et de grands spirituels au cours des siècles. Les martyrs, les vierges, les moines sont appelées « personnes consacrées ». La consécration peut être aussi bien individuelle que communautaire. On a commencé à la promouvoir comme forme d’oblation en Espagne aux 15ème et 16ème siècles et elle est devenue objet d’attention spéciale en France au 17ème siècle. Les grandes figures qui y ont marqué le mouvement de la Consécration furent St Louis-Marie Grignion de Montfort, St Jean Eudes et Ste Marguerite-Marie Alacoque. Entre le 19ème et le 20ème, les papes Léon XIII et Pie XI ont prêté leur voix au mouvement. La Légion de Marie, St Maximilen Kolbe et sa Milice de l’Immaculée ainsi que divers groupes inspirés de Fatima s’y sont aussi joints. En ce même 20ème siècle, des nations entières ont été consacrées à Marie (Portugal, Italie, Pologne…) et, sur la base du message de Fatima, la consécration du monde entier a été demandée. Ce qui fut fait le 24 mars 1984 par le pape Jean-Paul II en union avec les évêques du monde. Lucie, la voyante survivante de Fatima, a considérée cette consécration à la fois suffisante et efficace. Le 8 octobre suivant, après la célébration de la messe, les évêques unis au Saint Père prononcèrent un « Acte de consécration » à la Vierge Marie

Quelle est alors la signification d’une consécration ?

1. C’est Dieu qui consacre

Au départ et au sens strict, il n’y a de place que pour un seul type de consécration, celle faite par Dieu lui-même. C’est ce qu’on appelle la consécration objective. Seul Dieu peut s’approprier un être humain et le rendre sacré. Dieu nous communique sa sainteté ; il nous donne de participer à sa sainteté. Il est notre créateur et nous veut à son image. Cette transformation à sa ressemblance constitue la signification fondamentale de la consécration.

2. La consécration est une réponse

Notre consécration est dès lors essentiellement une réponse à l’appel de Dieu. En acquiesçant, nous nous lions à une consécration qui vient de Dieu. Nous nous consacrons nous-mêmes pour appartenir à Dieu d’une façon nouvelle. En fait, cette nouvelle façon est la seule manière par laquelle nous devenons véritablement ceux que nous sommes. L’exemple parfait de consécration divino-humaine est Jésus Christ lui-même. Il est l’ « Oint » (Messie), ce qui signifie qu’il appartient totalement à Dieu. Lorsque, par un acte libre de sa personne (intelligence, volonté, affectivité), il accepte sa mission pour le salut du monde (Jn 17,19.30), il se consacre lui-même. C’est ce qu’on appelle sa consécration subjective en réponse à la consécration objective de son être qui se produit dans son humanité au moment de l’Incarnation.

3. La consécration dans le Christ à travers le baptême

Le Christ transmet à ses disciples une appartenance à Dieu très spéciale. Il nous donne sa propre vie en nous faisant participer à sa propre consécration. Cela advient dans le baptême. Le baptême est notre première consécration et la plus importante. Le baptême est notre consécration objective. Avec le Christ et par lui nous sommes destinés et préposés à la gloire de Dieu et au salut du monde. Il y a une signification radicale à cette mission : de par le baptême, nous n’appartenons plus à nous-mêmes, mais au Christ qui nous transmet sa vie.

4. Une conséquence du baptême

Ce que nous appelons communément consécration – notre consécration subjective à travers les promesses, le renouvellement des promesses baptismales, la confirmation et les vœux – est une consécration par adhésion volontaire à ce que le baptême a fait de nous. Nous promettons de vivre en tant qu’enfants de Dieu et réalisons de la sorte subjectivement notre consécration objective. Toutes les consécrations qui suivent le baptême sont enracinées dans cet acte premier de notre vocation chrétienne.

5. La consécration à Marie

Pouvons-nous nous consacrer à Marie ? Marie n’est pas le Créateur, elle n’est pas le Rédempteur. Elle est le contraire d’une déesse ; elle ne s’est jamais prise pour Dieu. Mais Dieu a voulu qu’elle ait quelque chose à voir avec notre vie chrétienne, avec notre sanctification. Ce rôle lui a été confié par Dieu. Parce qu’elle est en parfaite union avec son fils et lui est subordonnée, le Concile Vatican II l’appelle « notre mère dans l’ordre de la grâce » (Lumen Gentium 61).N’oublions pas que Marie est le prototype de la consécration parfaite au début du Nouveau Testament. Elle a été choisie pour nous aider dans notre consécration à travers son intercession et son attention maternelle qui nous disposent à accueillir les dons de Dieu que nous recevons dans le baptême. Elle est l’exemple parfait de l’Église et le modèle de tous les fidèles. Dans sa réponse spirituelle totale à l’inspiration de l’Esprit Saint, elle est le chef d’œuvre de Dieu dans la création.

Toutes les consécration à Marie sont orientées par et vers l’Esprit (orientation christocentrique et théocentrique). La consécration à Marie est une consécration au « moyen parfait » (Montfort) par lequel Jésus a choisi de s’unir à nous et réciproquement. La consécration à Marie doit explicitement déclarer que notre but et fin ultime est Dieu (Esprit Saint ; notre Seigneur Jésus Christ). Les consécrations à Marie où on se promet d’accomplir toute action « par Marie, en Marie et pour Marie » sont en fait une promesse de les accomplir plus parfaitement par Jésus Christ, avec lui, en lui et pour lui. La consécration au Cœur de Marie doit donc maintenir l’unité vitale entre le Cœur de Marie et le Cœur de Jésus. Nous devons nous confier au Cœur de Marie en vue de notre consécration à Dieu. Nous nous offrons à cette consécration divine à travers Marie car elle indique le chemin du Cœur de Jésus.

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Apparitions

Qu’en est-il de Medjugorje ?

Les apparitions de Marie dont on a fait état à Medjugorje dans l’ex-Yougoslavie (aujourd’hui en Bosnie-Herzégovine), ont attiré l’attention du monde entier. Cela a commencé en 1981 et, depuis cette date jusqu’au début des années 1990, Medjugorje a été un des plus importants lieu de pèlerinage de l’Église catholique. Jusqu’en 1991, Medjugorje avait reçu plus de 18 millions de pèlerins, 50.000 prêtres et plus d’une centaine d’évêques. Même au cours de la terrible guerre fratricide, les pèlerinages n’ont pas cessé et semble jouir d’un regain de faveur actuellement.

En même temps, Medjugorje a été l’objet d’une controverse entre l’évêque du lieu et les franciscains en charge du site des apparitions. Mgr Zanic, de même que Mgr Peric, son successeur, n’ont pas reconnu et ne reconnaissent toujours pas le caractère surnaturel des événements. Leur jugement en la matièresemble être de nature définitive (constat de non supernaturalitate). D’autre part, nous avons le verdict de la Conférence épiscopale de l’ancienne Yougoslavie du 10 avril 1991, qui est plus nuancé et peut être résumé comme suit : « Sur la base des investigations faites jusqu’ici, on ne peut affirmer qu’on ait affaire à des apparitions et révélations surnaturelles ». Ce qui équivaut à une déclaration disant « non constat de supernaturalitate ». Ainsi, à l’heure actuelle, il n’y a pas de jugement final en ce qui concerne l’authenticité des apparitions de Medjugorje. D’un point de vue pastoral, ilconvient d’observer les points suivants :

1) Ceux qui ont autorité pour parler au sujet de Medjugorje :

L’évêque de Mostar n’est plus en charge du dossier depuis 1986. Celui qui était
alors le cardinal Ratzinger l’en a relevé et a confié l’affaire aux mains de la
Conférence épiscopale de Yougoslavie. Cela signifie qu’en l’état actuel, c’est à
la Conférence épiscopale de Bosnie-Herzégovine de décider.

2) État actuel de la position de l’Église quant à l’authenticité des apparitions :

Rome respecte la déclaration de la Conférence épiscopale de l’ancienne

Yougoslavie en date du 10 avril 1991.
Laquelle dit ceci : « Depuis le début, les évêques ont suivi les événements de
Medjugorje à travers l’évêque du lieu, la commission des évêques et la
commission de la Conférence épiscopale de Yougoslavie pour Medjugorje. Sur la base des études faites jusqu’à aujourd’hui, on ne peut confirmer que des
apparitions et révélations surnaturelles aient lieu là-bas.

Cela dit, le rassemblement, à Medjugorje, de fidèles de différentes parties du
monde, motivés par la foi, requiert l’attention et le soin pastoral des évêques C’est pourquoi, dans un esprit de communion ecclésiale, notre conférence
épiscopale est prête à assister l’évêque diocésain dans l’organisation des
activités pastorales à Medjugorje de manière à y promouvoir une adéquate vie
liturgique et sacramentelle et à y prévenir toute manifestation et tout message
qui ne seraient pas en accord avec l’esprit de l’Église. »

3) Pèlerinages à Medjugorje :

Les pèlerinages à Medjugorje sont autorisés pour autant qu’ils soient accomplis
en privé (par exemple, aucun pèlerinage diocésain n’est autorisé) et à condition
qu’ils ne soient pas considérés comme une authentification des événements qui
sont toujours en cours et qui demandent un examen continu.

4) Enquête en cours sur l’authenticité des apparitions :

Il n’est pas certain que des enquêtes soient menées à l’heure actuelle. La nécessité
d’examens ultérieurs avait été reconnue, au moins indirectement, par la Conférence épiscopale yougolsave en 1991. Comme indiqué ci-dessus, la
responsabilité de tels examens est du ressort de la Conférence épiscopale de
Bosnie-Herzégovine. Selon un courrier datant du 26 mai 1998, Mgr Bertone,
Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, disait qu’une conférence
épiscopale pourrait peut-être rouvrir la réexamination de ce cas. On a aussi appris,
en 1998, qu’« une nouvelle commission aurait été nommée à Sarajevo » (cf. revue
Queenship, 1998, p. 374).

Ces divers points se retrouvent dans la lettre du 26 mai 1998 de Mgr Bertone adressée à Mgr Gilbert Aubry, évêque de Saint-Denis de la Réunion. Voici ce qu’elle contient :

CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI
Pr. No 154/81-06419
Le 26 mai 1998
À Son Excellence Mgr Gilbert Aubry
Évêque de Saint-Denis de la Réunion

Excellence,

Dans votre lettre du 1er janvier 1998, vous avez soumis à ce Discatère plusieurs
questions sur la position du Saint-Siège et de l’Évêque de Mostar concernant les
soi-disantes apparitions de Medjugorje, les pèlerinages privés et le soin pastoral
des fidèles qui s’y rendent.

À ce sujet, je pense qu’il est impossible de répondre à chacune des questions
posées par Votre Excellence. Le principal point que je voudrais relever est que le
Saint-Siège, en tant que cours de première instance, ne prend ordinairement pas
position au sujet de supposés phénomènes surnaturels. Quant à la crédibilité des
« apparitions » en question, ce Dicastère respecte ce qui avait été décidé par les
évêques de l’ancienne Yougoslavie dans la Déclaration de Zadar du 10 avril
1991 : « Sur la base des études faites jusqu’à aujourd’hui, on ne peut affirmer
qu’on ait affaire à des apparitions et révélations surnaturelles. » Suite à la division
de la Yougoslavie en différents États indépendants, ce serait maintenant de la
compétence des membres de la Conférence épiscopale de Bosnie-Herzégovine
de rouvrir peut-être l’examination de ce cas et de faire toute nouvelle déclaration
qui pourrait s’imposer.

Ce que Mgr Peric disait dans sa lettre au Secrétaire Général de Famille Chrétienne, à savoir que : « Ma conviction et ma position n’est pas seulement “non constat de supernaturalitate”, mais même “constat de non supernaturalitate” des apparitions ou révélations à Medjugorje », devrait être
considéré comme l’expression de la conviction personnelle de l’Évêque de
Mostar qu’il avait le droit d’exprimer en tant qu’Ordinaire du lieu, mais qui est
et demeure son opinion personnelle.

Enfin, en ce qui concerne les pèlerinages à Medjugorje, qui sont entrepris de
façon privée, cette Congrégation souligne qu’ils sont permis à condition qu’ils
ne soient pas considérés comme une authentification d’événements qui continuent
d’avoir lieu et qui requièrent encore un examen de l’Église.

J’espère avoir répondu à votre satisfaction, au moins au principales questions que
vous avez présentées à ce Dicastère et je prie Votre Excellence d’accepter
l’expression de mes sentiments dévoués.

Tarcision Bertone, archevêque
(Secrétaire de la Congrégation présidée par le Cardinal Ratzinger)

Voir aussi : Quelles apparitions mariales ont-elles été reconnues par les autorités ecclésiastiques ?


Q: Quelles apparitions mariales ont-elles été reconnues par les autorités ecclésiastiques ?

A: On a fait état d’innombrables apparitions de Marie depuis le 3ème siècle. Peu ont obtenu la reconnaissance de l’évêque du diocèse. Parmi celles reconnues, il y a :

1531, Guadalupe, Mexique. Sur une colline proche de Mexico, la Vierge est apparue quatre fois à Juan Diego, récemment converti au christianisme. Marie s’est présentée comme « la Mère du vrai Dieu qui donne la vie » et a laissé son image indélébile sur le manteau de Juan Diego.

1830, Paris, France. Dans la chapelle des Filles de la Charité de St Vincent de Paul, Marie s’est montrée trois fois à la novice Catherine Labouré (24 ans). Celle-ci a dit que la Vierge lui avait demandé de faire faire une médaille de l’Immaculée Conception – la « Médaille miraculeuse » – afin de répandre la dévotion à Notre Dame.

1846, La Salette, France. À environ 2000 m d’altitude dans les Alpes françaises, Marie est allée à la rencontre de deux jeunes bergers, Maximin Giraud (11 ans) et Mélanie Calvat (14 ans), pendant qu’ils gardaient des moutons. Le fait qu’elle soit apparue en chagrin et en larmes en appelait à la conversion et au repentir des péchés.

1958, Lourdes, France. À la grotte de Massabielle, la Vierge est apparue 18 fois à Bernadette Soubirous (14 ans). S’étant présentée comme l’« Immaculée Conception », elle a appelé à la pénitence et à la prière pour la conversion des pécheurs.

1871, Pontmain, France. Dans une ferme mayennaise, Marie est apparue à Eugène (13 ans) et Joseph (11 ans) Barbedette ainsi qu’à Françoise Richer (11 ans) et Jeanne-Marie Lebossé (10 ans), élèves de l’école du couvent voisin. Le message de la Vierge était écrit sur bannière déployée à ses pieds : « Mais priez, mes enfants. Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. »

1879, Knock, Irlande. Au cours d’une pluie diluvienne, les figures de Marie, Joseph, Jean l’Apôtre et d’un agneau sur un autel plat sont apparues au-dessus du gable de la chapelle du village, enveloppées d’une brillante lumière. Aucune d’elle n’a parlé. Au moins 15 personnes, entre 5 et 75 ans, ont vu l’apparition.

1917, Fatima, Portugal. Alors qu’ils gardaient des moutons, Lucia de Santos (10 ans) et ses deux cousins Francisco (9 ans) et Jacinta (8 ans) Marto ont fait état de six apparitions de Marie, qui s’est présentée comme étant « Notre Dame du Rosaire ». Marie a vivement exhorté à la prière du rosaire, à la pénitence pour la conversion des pécheur et à la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé.

1932-33, Beauraing, Belgique. Marie est apparue 33 fois au-dessus d’un pont de chemin de fer, près de la cour d’une école, à cinq enfants : Andrée (14 ans) et Gilberte (9 ans) Degeimbre ainsi que Albert (11 ans), Fernande (15 ans) et Gilbert (13 ans) Voisin. S’étant présentée comme la « Vierge Immaculée » et la « Mère de Dieu, Reine des Cieux », elle a appelé à la prière pour la conversion des pécheurs.

1933, Banneux, Belgique. Dans le jardin derrière la maison familiale, la Sainte Vierge est apparue à Mariette Beco (11 ans) huit fois. Se nommant la « Vierge des Pauvres », Marie a promis d’intercéder pour les pauvres, les malades et les souffrants.

D’autres apparitions reconnues plus récentes ont eu lieu à Betania, au Vénézuela (1976), à Akita, au Japon (1984), à Chontaleu, au Nicaragua (1987) et à Kibého, au Rwanda (1988).

Qu’en est-il de Medjugorje ? Voir Questions Fréquemment Posées n° 19.


Q: Comment l’évêque d’un diocèse s’y prend-il pour vérifier une apparition et qu’implique une approbation ecclésiastique ?

A: L’évêque du lieu est la première et principale autorité en droit de se prononcer sur des cas d’apparition, lesquels peuvent être définis comme des instances de révélation privée. L’évêque évalue les preuves d’une apparition sur la base des critères suivants, en examinant notamment si :

1. Les faits du cas soumis sont exempts d’erreur.
2. La ou les personnes objets de l’apparition sont psychologiquement équilibrés, honnêtes, de bonne moralité, sincères et respectueuses de l’autorité ecclésiastique.
3. Aucune erreur doctrinale n’est attribuée à Dieu, à Marie ou à un saint.
4. Les doctrines spirituelles et théologiques présentées sont exemptes d’erreur.
5. Aucun intérêt pécuniaire n’est impliqué dans les événements.
6. Il en résulte une saine dévotion religieuse et une fécondité spirituelle sans qu’on puisse y soupçonner la moindre hystérie collective.

Le jugement de l’évêque peut alors constater soit qu’une apparition présente tous les signes d’authenticité ou qu’elle est la manifestation d’une véritable intervention céleste, soit qu’elle est clairement non miraculeuse ou qu’il n’y a pas suffisamment de signes qu’elle soit miraculeuse, soit qu’on ne puisse pas être certain que la prétendue apparition soit authentique.

Si une apparition est reconnue par l’évêque, cela signifie que le message n’est pas contraire à la foi et à la morale et que Marie peut devenir l’objet d’une vénération spéciale sur le site. Cependant, comme la croyance en une révélation privée n’est pas demandée par l’Église, les catholiques sont libres de décider du crédit spirituel qu’ils entendent accorder aux apparitions et à leurs messages.


Q: Pourquoi semble-t-il y avoir tant d’apparitions mariales ?

A: « L’augmentation des apparitions signalées peut suggérer qu’il existe une faim spirituelle qui va au-delà de ce qu’offrent les églises institutionnelles, » déclare le Père Johann Roten, prêtre marianiste, qui dirige l’Institut International de Recherche Mariale et la Bibliothèque Mariale à l’Université de Dayton, aux États-Unis. « Les gens ont besoin que le mystère soit réintroduit dans leurs vies. Les apparitions peuvent être l’une des nombreuses réponses de Dieu à ce besoin. »

« Les apparitions nous rappellent que le christianisme est une religion basée sur la médiation, » dit le P. Roten, qui, lui-même, « croit prudemment » aux apparitions. « Dieu ne se rend pas immédiatement présent. Il se donne pour être compris et partagé. Il se confie ou confie son message à Marie qui, à son tour, confie ce même message aux voyants qui, à leur tour, le transmettent à une multitude de personnes. Lesquelles, à leur tour encore, partagent le message avec d’autres. »

Comment doit-on réagir aux messages apocalyptiques d’avertissement, de châtiment et de fin du monde ?

Notre attitude face à ces messages doit être empreinte de foi, d’espérance et de charité. Nous avons à les écouter en sachant que le message du Christ est à la fois incarné et eschatologique, c’est-à-dire qu’il vise à la fois la transformation de ce monde-ci et l’accomplissement ultime de celui-ci dans l’éternité.

1. Depuis toujours, on a tenté de dater et localiser la fin du monde. Sans succès ! Jusqu’ici, personne n’est parvenu à prédire avec exactitude quand ça aura lieu. Toutes les prophéties à ce sujet se sont révélées erronées.

2. Selon Mc 13,32 et Mt 24,36, personne ne connaît la date du jugement final ou de la parousie, c’està-à-dire « ni les anges dans le ciel, ni le Fils, personne que le Père ». On peut conclure que Marie est comprise parmi ceux qui ne savent pas.

3. L’Église rejette (voir le journal officiel du Saint Siège : Acta Apostolicae Sedis
n° 36, de 1944, page 202) ou au moins critique toutes les formes de millénarisme, à savoir de doctrines qui prétendent que, après un temps d’épreuve, le Christ reviendrait sur terre pour y régner mille ans avant le retour de Satan et la fin des temps. St Augustin, après avoir épousé un millénarisme modéré, a fini par le rejeter complètement.

4. Les temps derniers ont commencé avec Jésus Christ. Le prophètes de l’Ancien Testament ont vu Jésus comme l’annonciateur du nouvel âge de la création. Jésus a commencé la nouvelle création et cela signifie que la bataille entre les Antéchrists est l’Église a déjà débuté. La bataille des temps derniers a été engagée lorsque le Christ a changé notre existence par son Incarnation, sa Passion et sa Résurrection.

5. Il est vrai que certaines apparitions contiennent l’annonce d’événements de type apocalyptique, soit partiel, soit radical ou total. Une apocalypse partielle prédit des catastrophes ou châtiments imminents sous forme de guerres, de désastres naturels, d’attaques de démons, de feu tombant du ciel ou de persécution contre l’Église. Le type radical d’apocalypse se réfère à l’imminence de la seconde venue du Christ et de la fin des temps. Quand elles mentionnent des événements apocalyptiques, la majorité des apparitions en annoncent du type partiel.

6. Il y a toutefois des des éléments prophétiques dans la plupart des apparitions connues. Alors que les éléments apocalyptiques provoquent crainte, désespoir ou sensationnalisme pathologique chez ceux qui en reçoivent le message, les éléments prophétiques subordonnent les avertissements et les annonces de châtiment à la foi et à l’espérance en la miséricorde de Dieu. Elles appellent la génération présente au repentir, à la conversion et aux actions charitables.

7. Le Christ a confié à son Église le soin de veiller sur son message, sa compréhension et son interprétation. Toutes les révélations privées, si elles tombent dans le domaine public, doivent être lues à la lumière de la doctrine et de la pratique, passée et présente, de l’Église. L’Église n’a jamais cautionné les agendas apocalyptiques. Au contraire, l’Église parle de nouvelle évangélisation, de nouvelle Pentecôte et d’un nouveau millénaire chrétien. Ce qui ne signifie pas pour autant que l’Église rejette l’inviation pressante à la prière, à la repentance et à la conversion, qui sont part du message permanent de l’Évangile.

8. Face à la montée des apocalypses, il est important de retenir ce qui suit :

Le bien et le mal, le péché et la grâce, la responsabilité personnelle et le jugement dernier sont des dimensions intégrales de la foi chrétienne et ne doivent pas être minimisés.
Nous avons tous besoin d’adopter une attitude de conversion permanente qui devrait parfois revêtir l’expression d’une conversion radicale.

Nous devons exercer un jugement critique devant ce qui se déroule dans ce monde : nous avons à nous souvenir que nous ne sommes pas de ce monde et, donc, à le regarder avec les yeux de la foi.

Il faut prendre en compte l’urgence de la plupart des mises en garde : le meilleur moment pour notre conversion est maintenant. Dieu nous parle maintenant et c’est maintenant qu’ils nous demande d’être ses fils et ses filles. En cela réside l’application immédiate des apocalypses. Chacun de nous est confronté à sa propre apocalypse, c’est-à-dire que l’épiphanie de Dieu dans nos vies nous met au défi d’une décision personnelle pour Lui ou contre Lui.

Il est important de se rappeler la définition que St Anselme donne de Marie comme la « mater rerum recreatum » (mère des réalités recréées). Son rôle est de recréer et de guérir, et non pas de détruire. Quels que soient les avertissements, les messages de conversion et de nouvelle création, le rôle de Marie est toujours constructif.

Les récits des réapparitions de Marie sur notre terre servent à rappeler à l’Église qu’elle a une mission spéciale : aider les chrétiens pris dans la routine de leur vie quotidienne dans ce monde moderne. Marie est Notre Dame des Derniers Temps. Elle est l’instrument bienveillant du Saint Esprit, qui intercède constamment en notre faveur auprès de Dieu. À travers sa vie, ses activités au ciel et les nombreux récits de ses réapparitions aujourd’hui, Marie a communiqué à l’Église un message d’espérance et de rédemption. Notre disposition et notre attitude sont cruciales pour la réception du message de Marie. Puissions-nous nous efforcer à faire de ce temps un Âge de Marie en nous dévouant à elle et en orientant avec passion nos vies au service de Dieu et de notre prochain.

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Images / Art

Q: Quelle est l’image de Marie la plus populaire ?

A: L’image de Marie avec l’enfant Jésus dans la crèche vient en premier à l’esprit. Selon une enquête menée en 1993 par l’Institut International de Recherche Mariale et Bibliothèque Mariale à l’Université de Dayton, aux Etats-Unis, la plupart des gens, toutes catégories confondues, pensent à la Nativité lorsqu’ils songent à Marie.

« Si on demande quel est l’événement le plus connu et le plus populaire, celui qui ressort, c’est Noël », dit le Père Johann Roten sm qui a dirigé l’enquête et n’a pas été surpris du résultat. Il ajoute que même ceux qui ne sont pas très au courant des histoires de Jésus et Marie et des enseignements de l’Église sur la naissance de Jésus, reconnaissent la scène familière de Noël.

Selon la même enquête, les adultes ressentent l’émotion la plus forte devant la Pieta, qui montre Marie en deuil soutenant le corps de son fils après sa crucifixion. Roten déclare que la plupart des adultes ont fait l’expérience de la perte et du deuil et ainsi s’identifient au chagrin de Marie. Les adolescents, au contraire, choisissent l’image réconfortante et protectrice de Marie en tant que Notre Dame dite du Manteau ou de Bon Secours, qui abrite les gens sous son manteau.


Q: Pourquoi Marie est-elle toujours vêtue de bleu ciel ?

A: En fait, elle ne l’est pas toujours. Loin de là.

« La couleur la plus ancienne, la plus classique et la plur représentative est le bleu royal », selon le P. Johann Roten sm, directeur de l’Institut International de Recherche Mariale et Bibliothèque Mariale à l’Université de Dayton, aux Etats-Unis. « Le bleu royal du manteau de Marie, qui remonte à l’an 500 de notre ère, est d’origine byzantine et était la couleur de l’impératrice. »

Le bleu est resté à la mode, mais le rouge est aussi devenu une couleure majeure pour Marie dans les représentations qu’en ont faites les artistes à partir du 10ème siècle. Le bleu évoque la couleur du ciel (qui ne se limite pas au bleu ciel) et le roi est la couleur des rois. « Il y a toujours eu une grande variété de bleus et d’autres couleurs pour Marie, » dit Roten. « Par exemple, les peintres flamands prèfèrent le bleu alors que les peintres allemands ont une préférence pour le rouge. »

De fait, le manteau rouge porté par Marie n’est pas rare ou seulement présent en Allemagne. Rogier van der Weyden, Hans Memling, Lucas Cranach, Geertgen tot sins Jans, Jan van Eyck et aussi parfois l’iconographie orientale (p.ex. une mosaïque du monastère de Chora, datant du 14ème siècle) montrent Marie enveloppée d’un manteau rouge. Il est vrai que la tradition classique la montre portant une robe rouge avec un manteau bleu, comme c’est le cas par exemple de toutes les madonnes de Raphaël ou inspirées par Raphaël. Dès le départ, dans l’iconographie, la couleur rouge signalait la noblesse ou un état élevé et, parfois, en particulier dans le cadre de la Renaissance du Nord de l’Europe, une anticipation de la souffrance et de la passion, spécialement lorsque c’était lié à la dévotion au cœur, comme cela semble avoir été le cas avec l’image du Christ.

L’artiste mariale Beverly Stoller travaille dans son studio « Theotokos » à Fairfield, dans l’État du Connecticut (USA). Elle rapporte qu’un intérêt récent pour l’iconographie l’a conduite à découvrir un nouveau schéma de couleurs pour Marie, basées sur la façon dont elle est représentée historiquement dans les icônes. Ces icônes de Marie la montrent souvent portant une robe bleue-verte avec un manteau rouge, dit B. Stoller.

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Œcuménisme

Est-ce que les catholiques adorent Marie ?

Bien que les mots français « adorer » ou « adoration » soient parfois utilisés pour exprimer simplement de la vénération, de l’honneur qu’on rend, de l’affection qu’on porte ou un fort goût qu’on éprouve, ils sont généralement compris comme se référant au culte suprême qui n’est réservé qu’à Dieu et à lui seul. En ce dernier sens, les catholiques N’adorent PAS Marie, ni qui ou quoi que ce soit d’autre en dehors de Dieu.

Le Concile œcuménique qui s’est tenu à Nicée en 787 a débattu, en lien avec la question des images sacrées, de la vénération qui n’est pas portée aux personnes divines. À ce Concile, l’Église a enseigné que le type spécial de culte appelé « adoration » ou « latrie » ne peut être offert qu’à Dieu. Le mot « latrie » dérive d’un terme grec signifiant « asservissement ». Cependant, l’Église a aussi reconnu que certaines personnes, quoique créatures de Dieu, peuvent être honorées ou vénérées à un degré moindre par rapport à l’allégeance absolue due à Dieu. Les Pères conciliaires ont qualifié cette dévotion subordonnée de « dulie », mot qui vient d’un terme grec signifiant « service ». Une telle vénération convient au cas de Marie et des saints.Vu le rôle important joué par Marie en tant que Mère de Jésus dans l’histoire du salut, l’Église a également reconnu que Marie, parmi tous les saints, pouvait être l’objet d’une dulie particulière. Pour désigner ce degré éminent de dévotion, St Thomas d’Aquin (mort en 1274) a suggéré d’employer le terme d’« hyperdulie » à propos de Marie.

Non, les catholiques n’adorent pas Marie. Car elle n’est pas Dieu. Adresser une prière à Marie, c’est comme demander de l’aide à une amie proche et chère. Est-ce que nous faisons de nos amis des dieux lorsque nous leur demandons de nous garder dans leurs prières ? Est-ce que nous les divinisons lorsque nous leur demandons le soutien de leurs prières dans la maladie ou les épreuves de la vie ? Les croyants sur terre et au ciel forment une communauté vivante que la majorité des confessions chrétiennes appelle la communion des saints. Les saints au ciel ne sont pas morts. L’exemple de leur vie chrétienne et leur proximité de Dieu en font de puissants alliés pour nous mortels. Ils ne prennent pas la place de Dieu ; ils sont l’expression de sa grâce.

De même, il n’y a rien en Marie qui n’aurait pas été en Dieu et ne viendrait pas de lui. Elle est un pur produit de Dieu ; là est la signification essentielle de l’absence de péché en Marie. Il ne faut jamais l’oublier : si Dieu voulait exclusivement une relation directe entre lui-même et chacun d’entre nous, il n’aurait jamais envoyé Jésus Christ, le Fils incarné de Dieu, jamais permis que l’Écriture devienne le fondement de notre foi, jamais encouragé son Fils à fonder l’Église ou à instituer les sacrements. Le christianisme est la religion de la médiation. La médiation du Christ est essentielle et fondamentale. Celle de l’Église participe de celle du Christ et lui est subordonnée ; ce qui vaut, aussi, à des degrés divers, pour celle de ses membres, les croyants.


Q: Qu’est-ce que la Communion des Saints et quelle y est la place de Marie ?

A: L’expression « Communion des Saints » fait partie du Credo des Apôtres et constitue une interprétation de ce que signifie la « Sainte Église Catholique » : l’Église est la communion des saints.

Comme tous les fidèles forment un seul corps, le bien accompli par chacun (comme l’absence de bien) est communiqué à tous.

Nous croyons ainsi qu’il y a communion de bien dans l’Église : tête et corps ; Église de ce temps et Église éternelle.

La source de tout bien est le Christ, tête de la Communion des Saints. Les richesses du Christ sonr communiquées à tous les membres par l’Esprit du Christ qui gouverne l’Église.

Comment cela se passe-t-il ? « Sancta Santis » ! Ce qui signifie « par les choses saintes » (sancta : les sacrements, les sacramentaux, la Parole de Dieu, les œuvres de charité, etc.) et « par les personnes saintes » (sancti : les fidèles). Les saints, comme nous les entendons couramment (notamment Marie et les autres) sont des conducteurs particulièrement sensibles des dons de la grâce, tant dans la façon de les recevoir que dans la façon de les partager avec les autres membres de la communion. Les saints exercent ainsi une certaine fonction régulatoire et compensatrice au niveau du corps tout entier : de par leur plus grande sensibilité et réceptivité, ils facilitent le contact avec la source et l’accès à cette dernière, tout comme ils assurent une distribution compensatoire des biens spirituels (les saints promeuvent la sainteté de l’Église-Corps).

En termes plus existentiels, les saints sont des auxiliaires et des représentants spéciaux de la vie spirituelle telle qu’elle est définie par les vertus de « foi, espérance et charité ». Les saints signalent l’importance radicale de la foi (décision pour Dieu comme don de sa grâce), la nécessité de l’espérance (persévérance et fidélité dans les voies de Dieu comme dons de sa grâce) et le triomphe ultime de la charité (union progressive puis définitive avec Dieu et les hommes comme don de sa grâce). Les saints sont les agents hautement visibles de la communion de foi, la communion des sacrements, la communion des charismes et la communion de charité. La foi, l’espérance et la charité sont des éléments essentiels d’une spiritualité créative ; elles représentent notre dépendance radicale de Dieu. Marie et les saints sont des champions de foi, d’espérance et de charité et, donc, ne sont en aucune façon des substituts de Dieu.

L’intercession doit être comprise dans ce contexte. Elle est une expression de la communion au-delà du temps et de l’espace. Jouissant d’une présence intime et d’une connaissance immédiate de la réalité divine, les saints accueillent les dons de Dieu avec plus d’abondance pour eux-mêmes et pour les autres vu que tout, dans le christianisme est pour le partage. Cela ne se passe par contre la volonté de Dieu. L’idée même de l’Incarnation et de la Rédemption est fondée sur le partage : la Trinité partage le Christ avec nous ; le Christ partage la Père avec nous ; l’Esprit est l’expression de l’amour partagé entre le Père et le Fils et prolonge la mission salvatrice du Christ. En pratiquant l’intercession, nous faisons nôtre l’attitude même du Christ qui partage sa grâce aux gens qui en ont besoin et nous accomplissons sa volonté de faire de l’Église un lieu de partage. Nous savons aussi que, quel que ce soit le résultat de notre prière, il aura toujours pour origine celui qui est la source de toute grâce.

On trouve (aussi bien chez les catholiques que les protestants) des malentendus au sujet de l’intercession, notamment en ce qui concerne le lien qui existe entre intercession et miracle. Les saints ne sont pas en premier lieu des faiseurs de miracles matériels, mais des personnes qui partagent des biens spirituels. Ils ne sont pas en premier lieu des guérisseurs, mais des personnes qui oeuvrent à augmenter le niveau de foi, d’espérance et de charité. Nos demandes de faveurs personnelles doivent être exprimées dans le cadre d’une plus grande intimité avec Dieu, de la persévérance sur ses chemins et de l’unité entre les fidèles.

Le rôle de Marie dans ce contexte est multiple, mais il peut être résumé dans le titre suivant : Mère de l’Église. Marie a été totalement unie à son Fils ici-bas. Dans son assomption, elle participe de façon singulière à sa Résurrection et anticipe la resurrections des autres chrétiens. Elle est ainsi notre mère dans l’ordre de la grâce. Sa coopération à l’œuvre du Sauveur dans l’obéissance, la foi, l’espérance et la charité se poursuit. Sa tâche première en tant que Mère de l’Église, est de participer à la restauration de la vie surnaturelle dans les âmes. En cela, elle est temple de l’Esprit, dont elle est également le chef d’œuvre et le fidèle instrument. L’influence salutaire de la Vierge Marie en nous « découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s’appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d’où elle tire toute sa vertu » (Concile Vatican II, Lumen Gentium, 60).

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Divers

Q: Et Joseph ?

A: La fête de Joseph est, à notre connaissance, mentionnée pour la première fois dans un calendrier liturgique copte au 5ème siècle, puis apparaît dans un calendrier français le 19 mars (pour la première fois) au 8ème siècle.
La présence de Joseph dans le récit de la Nativité est une figure familière de chaque crèche de Noël. Pourtant, pendant des siècles, l’Église ne lui a prêté que peu d’attention. C’est particulièrement frappant si on considère l’intérêt extraordinaire porté au rôle de Marie dans l’économie du salut. L’Église était tellement désireuse de souligner la paternité divine de Jésus que Joseph, le père adoptif, s’en est trouvé relégué dans l’ombre. Ce n’est qu’au 16ème siècle qu’on a officiellement encouragé l’extension de son culte. À cette époque, Joseph commence à figurer plus largement dans la prédication populaire comme l’idéal de celui qui protège les siens et subvient à leurs besoins. En 1970, Pie XI le déclare Patron de l’Église Universelle.

La personne de Joseph, époux de Marie. intrigue les exégètes et enchante les spirituels. Les exégètes débattent de sa personne : était-il plus âgé que Marie, marié avant d’avoir rencontré Marie, avec jusqu’à six enfants de ce premier mariage, et quel âge avait Jésus à la mort de Joseph ? Les exégètes débattent de son origine : était-il de Bethléem ou de Nazareth, a-t-il déménagé avec sa famille de Nazareth à Bethléem ou de Bethléem à Nazareth ? Une autre question discutée par les exégètes est celle de son caractère et en particulier de sa réaction face à la grossesse de Marie : a-t-il soupçonné Marie d’infidélité, était-il un homme de compassion désireux d’éviter le déshonneur à Marie, était-il au courant de la conception virginale et se sentait-il indigne de demeurer en présence d’un tel mystère, était-il à la fois respectueux de la loi de Moïse et réticent à exposer Marie publiquement ? Enfin, les exégètes débattent de la généalogie de Joseph : son père est-il Jacob comme l’indique Matthieu ou Heli comme le suggère Luc ?

Dans son encyclique Redemptoris Custos, le pape Jean-Paul II prend soin de s’abstenir de toute spéculation sur les détails de la biographie et de la vie quotidienne de Joseph. Toutefois, le pape offre de nombreuses réflexions pertinentes pour la compréhension de la relation entre Joseph et Marie. L’idée maîtresse de Jean-Paul II est que la relation de Joseph et Marie est essentiellement fondée dans leur appel mutuel à se dévouer au Divin Enfant.

D’autre part, St Joseph est l’un des saints les plus populaires des temps modernes, surtout après la Réforme. Il est le saint patron de nombreux pays (p.ex. Autriche, Canada, Mexique ou Pérou) et de nombreuses causes : chasteté, orphelins, maraige et familles, auberges et aubergistes, réfugiés, collecteurs de fonds, charpentiers et bûcherons ou encore pour une bonne mort.

Les saints et les grands spirituels, par leur dévotion et leurs réflexions, ont exercé une influence sur le renouvellement et l’approfondissement de l’importance de la figure de Joseph. Parmi eux, on compte Thèrèse d’Avila, Farnçois de Sales et Bernadette. Considérez ce qu’écrit François de Sales : « Je ne trouve rien de plus doux à mon imagination que de regarder le petit Jésus dans les bras de ce grand saint, l’appelant père avec des mots d’enfants et un cœur absolument filial et aimant. » Quel exégète pourrait réfuter cette méditation ? Ou prenez cette autre méditation priante extraite de l’Hymna acathiste à la Mère de Dieu. Elle présente un magnifique mélange de questionnement honnête et de louange de l’action surnaturelle de Dieu :
« Joseph le Sage se troubla, secoué par une tempête de pensées contradictoires. Il te [ = Marie] vit inépousée et te soupçonna un amour caché, toi l’irréprochable. Mais, apprenant que ce qui avait été engendré en toi venait de l’Esprit Saint, il s’écria : Alleluia ! »

Cet « alleluia » est en soi une preuve suffisante de la profonde sainteté de Joseph. De fait, Joseph est un puissant saint. Sa sainteté est triple du fait que, d’une certaine manière, elle participe aussi de celle de Jésus et de Marie, la Sainte Famille. Le conte suivant, en provenance de Vérone, en Italie, souligne cela et nous rappelle avec humour la force puissante de cet humble saint :
« Il était une fois un homme dévoué exclusivement à St Joseph. Il adressait toutes ses prières à St Joseph, allumait des bougies à St Joseph, faisait l’aumône au nom de St Joseph ; bref, il ne reconnaissait personne en dehors de St Joseph. Après sa mort, il comparut devant St Pierre. Ce dernier refusa de le laisser entrer au Paradis vu que tout ce que’on pouvait porter à son crédit était toutes ces prières qu’il avait dites durant sa vie à St Joseph.
“Vu que je suis arrivé jusqu’ici,” dit le dévot de St Joseph, “laisse-moi au moins le voir.” St Pierre fit donc appeler St Joseph. St Joseph arriva et, reconnaissant là son dévot, lui dit, “Félicitations ! Viens, entre tout de suite !”
“Je ne peux pas. St Pierre ne veut pas me laisser entrer parce que, dit-il, je n’ai prié que toi et aucun autre saint.”
St Joseph répliqua : “Où est la différence ? Entre tout de même !”
Mais St Pierre continuait de barrer le chemin. Une dispute s’ensuivit et St Joseph finit par déclarer à St Pierre : « Ou tu le laisses entrer, ou je prends ma femme et le gamin et je déménage le Paradis à un autre endroit.” »

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