Le Nouveau Testament

Références bibliques à Marie, Mère de Jésus Christ

Nouveau Testament

La Page de Marie vous présente les passages bibliques qui mentionnent directement Marie, font allusion à la famille et aux proches de Jésus, sont utilisés dans la liturgie en référence à Marie.

La référence paulinienne à une femme juive
Marc : la première image de Marie dans les Évangiles
L’esquisse de Marie par Matthieu
Le protrait de Marie, la Mère de Jésus, par Luc
L’Évangile de Jean et la Mère de Jésus
La vision de l’Apocalypse : une femme revêtue du soleil (Apocalypse 11,15-12,17)


La Bible témoigne d’une tradition vivante vénérant la Mère du Seigneur et fournit de ce fait au croyant la base d’une authentique dévotion à Marie dégagée des exagérations du « trop » ou du « rien du tout ». Marie est un « fait », une « donnée » de la Révélation Divine et une « présente maternelle » toujours agissante dans la vie de l’Église.

NB :

- La traduction française des textes bibliques est celle de la Bible de Jérusalem.

- La datation des textes bibliques est celle qui est généralement proposée par les spécialistes, sans qu’il y ait pour autant unanimité sur la question. Les dates ne sont donc pas données pour certaines.


La référence paulinienne à une femme juive

Il y a sept passages dans les textes de Paul qui sont plus ou moins reliés à Marie. Ils doivent être lus à la lumière du christocentrisme de Paul. Le thème central de tous les écrits pauliniens est Jésus Christ. Son christocentrisme est si présent que l’expression « en Christ » (en Christo) apparaît 154 fois. Sa prédication de la bonne nouvelle de Jésus Christ s’articule autour de la personne du Christ en tant que Rédempteur ou Sauveur (cf. 1 Corinthiens 2,1-5). Cette dynamique imprègne l’ensemble de la littérature paulinienne pour qui Dieu prédestine, appelle, justifie et glorifie toutes celles et ceux qui croient, qui sont tous frères et sœurs du Seigneur.

Lettre aux Galates 1,19 ; 4,4-5 ; 4,28-29 (écrite autour de 54-55 ap. J.C.).

19Je n’ai pas vu d’autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur…

4Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi, 5afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale.

28Or vous, mes frères, à la manière d’Isaac, vous êtes enfants de la promesse. 29Mais, comme alors l’enfant de la chair persécutait l’enfant de l’esprit, il en est encore ainsi maintenant.

2ème lettre aux Corinthiens 5,14c-17 (écrite autour de 57 ap. J.C.).

 …si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts. 15Et il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. 16 Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair. Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant ce n’est plus ainsi que nous le connaissons. 17Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là.

Lettre aux Romains 1,3-4 ; 9,4-5 (écrite autour de 58 ap. J.C.).

 1…[pour annoncer l’Évangile de Dieu]…3 concernant son Fils issu de la lignée de David selon la chair, 4établi Fils de Dieu avec puissance selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection des morts, Jésus Christ notre Seigneur.

9…4eux qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses 5et aussi les patriarches, et de qui le Christ est issu selon la chair, lequel est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement ! Amen.

Lettre aux Philippiens 2,6-8 (écrite autour de 61-63 ap. J.C.).

6Lui étant dans la forme de Dieu n’a pas usé de son droit d’être traité comme un dieu, 7mais il s’est dépouillé prenant la forme d’esclave. 8Devenant semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix.

Il s’agit là des quelques lignes qui, dans l’ensemble du corpus paulinien, ont été étudiée et méditée en référence à Marie. Quoiqu’elles se bornent à confirmer son humanité ainsi que l’héritage judaïque qu’elle a légué à son fils, elles ressortissent aux fondements de la christologie de Paul. Marie, parce qu’elle est la mère du Christ, est assurément cause et garantie de l’humanité du Christ, du fait qu’il est devenu l’un d’entre nous. De même, elle est assurément aussi « une création nouvelle en Christ », qui ne vit plus pour elle-même, mais pour lui qui est mort et ressuscité pour son salut à elle et pour le nôtre.

La seule référence explicite à Marie dans les lettres de Paul est celle de Galates 4,4. Elle souligne la réalité de la double nature du Christ, vrai Dieu parce que Fils du Père, et vrai homme parce que fils d’une femme (Marie). Si la réflexion sur cette double nature demande qu’on étudie la relation du Christ à son Père, elle demande tout autant que l’on se penche sur la relation du Christ à sa mère.

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Marc : la première image de Marie dans les Évangiles (65-70 ap. J.C.)

En Marc, nous avons de Marie la silhouette claire d’une mère juive pieuse qui est préoccupée par les activités de son fils, Jésus. La première scène où elle apparaît, en Marc 3,31-35, fournit l’essentiel des données que Marc nous livre quant au cadre socio-familial à l’intérieur duquel il la situe.

À la différence de Paul, l’image que Marc donne de Marie n’est plus en arrière-fond, mais mieux définie, plus précise et plus explicite. Même si Marc a à peu près le même nombre de lignes la concernant, elles en disent plus que chez Paul. C’est Marc qui, le premier nous dévoile ainsi son nom (Marc 6,3).

Marc 3,31-35 : Marie et la parenté de Jésus.

31Sa mère et ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils le firent appeler. 32Il y avait une foule assise autour de lui et on lui dit : « Voilà que ta mère et tes frères et tes sœurs sont là dehors qui te cherchent. » 33Il leur répond : « Qui est ma mère ? Et mes frères ? » 34Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. 35Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère. »

Marc 6,1-6a : Le fils de Marie.

1Étant sorti de là, il se rend dans sa patrie, et ses disciples le suivent. 2Le sabbat venu, il se mit à enseigner dans la synagogue, et le grand nombre en l’entendant étaient frappés et disaient : « D’où cela lui vient-il ? Et qu’est-ce que cette sagesse qui lui a été donnée et ces grands miracles qui se font par ses mains ? 3Celui-là n’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joset, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient choqués à son sujet. 4Et Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, dans sa parenté et dans sa mainson. » 5Et il ne pouvait faire là aucun miracle, si ce n’est qu’il guérit quelques infirmes en leur imposant les mains. 6Et il s’étonna de leur manque de foi.

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L’esquisse de Marie par Matthieu (75-90 ap. J.C.)

Matthieu ne s’en tient pas à l’arrière-fond judaïque décrit par Paul au sujet de la femme qui a donné naissance à Jésus. Il dépasse également l’image abrupte, voire déconcertante que Marc donne de Marie. L’image que Matthieu présente de Marie est celle de la Mère du Messie, qui est aussi l’épouse vierge de Joseph, lui-même descendant de David. Si Marie fait de Jésus un fils d’Israël, un descendant d’Abraham, Joseph, en acceptant de prendre chez lui la vierge et son enfant à naître, inscrit ce dernier dans la lignée davidique royale. Une fois Jésus né, Matthieu ne parle de l’enfant qu’en lien avec sa mère, que ce soit lors de la visite des mages ou à l’occasion de la fuite en Égypte, deux événements qui annoncent l’ouverture de la promesse aux Gentils ou aux Nations, ouverture à laquelle Marie est associée.

Matthieu 1,1-17 : La généalogie ou l’origine du Messie, Jésus Christ.

[La généalogie s’achève au verset suivant :]

16Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, que l’on appelle Christ.

Matthieu 1,18-25 : Comment Jésus est venu au monde.

18Or telle fut la genèse de Jésus Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph : or, avant qu’ils eussent mené vie commune, elle se trouva enceinte par le fait de l’Esprit Saint. 19Joseph, son mari, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier sans bruit. 20Alors qu’il avait formé ce dessein, voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; 21elle enfantera un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus car c’est lui sauvera son peuple de ses péchés. » 22Or tout ceci advint pour que s’accomplît cet oracle prophétique du Seigneur :

23Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et on l’appellera du nom d’Emmanuel,

ce qui se traduit : « Dieu avec nous. » 24Une fois, réveillé, Joseph fit comme l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui sa femme ; 25et il ne la connut pas jusqu’au jour où elle enfanta un fils, et il l’appela du nom de Jésus.

Matthieu 2,1-12 : La visite des mages.

1Jésus étant né à Bathléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem 2en disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. » 3L’ayant appris, le roi Hérode s’émut, et tout Jérusalem avec lui. 4Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s’enquérait auprès d’eux du lieu où devait naître le Christ.5 « À Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète :

6Et toi, Bethléem, terre de Juda,

tu n’es nullement le moindre des clans de Juda ;

car de toi sortira un chef

qui sera pasteur de mon peuple Israël. »

7Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l’apparition de l’astre, 8et les envoya à Bethléem en disant : « Allez vous renseigner exactement sur l’enfant ; et quand vous l’aurez trouvé, avisez-moi, afin que j’aille, moi aussi, lui rendre hommage. » 9Sur ces paroles du toi, ils se mirent en route ; et voici que l’astre, qu’ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu’à ce qu’il vint s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. 10À la vue de l’astre, ils se réjouirent d’une très grande joie. 11Entrant alors dans le logis, ils virent l’enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présent présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe. 12Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays.

Matthieu 2,13-18 : La fuite en Égypte et le massacre des Innocents.

13Après leur départ, voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; et restes-y jusqu’à ce que je te dise. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » 14Il se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte ; 15et il resta là jusqu’à la mot d’Hérode ; pour que s’accomplit cet oracle prophétique du Seigneur :

D’Égypte j’ai appelé mon fils.

16Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, fut pris d’une violente fureur et envoya mettre à mort, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans, d’après le temps qu’il s’était fait préciser par les mages. 17Alors s’accomplit l’oracle du prophète Jérémie :

18Une voix dans Rama s’est fait entendre,

pleur et longue plainte :

c’est Rachel pleurant ses enfants ;

et ne veut pas qu’on la console,

car ils ne sont plus.

Matthieu 2,19-23 : Le retour d’Égypte, à Nazareth.

19Quand Hérode eut cessé de vivre, voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph, en Égypte, 20et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et mets-toi en route pour la terre d’Israël ; car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. » 21Il se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, et rentra dans la terre d’Israël. 22Mais, apprenant qu’Archélaüs régnait sur la Judée à la place d’Hérode son père, il craignit de s’y rendre ; averti en songe, il se retira dans la région de Galilée 23et vint s’établir dans une ville appelée Nazareth ; pour que s’accomplît l’oracle des prophètes :

Il sera appelé Nazôréen.

Matthieu 12,46-50 : Marie et la parenté de Jésus.

46Comme il [Jésus] parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler. 47Voic ta mère et tes frères qui se tiennent dehors et cherchent à te parler. 48À celui qui l’en informait Jésus répondit : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » 49Et tendant sa main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. 50Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère. »

Matthieu 13,54-58 : Jésus revient à Nazareth.

53Et il advint, quand Jésus eut achevé ces paraboles, qu’il partit de là ; 54et s’étant rendu dans sa patrie, il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle façon qu’ils étaient frappés et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? 55Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie, et pour frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? 56Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? D’où lui vient donc tout cela ? » 57Et ils étaient choqués à son sujet. Mais Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. » 58Et il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de leur manque de foi.

Pour Matthieu, dans la figure de Marie s’achève la longue attente d’un messie davidique ainsi que le montre l’usage que l’évangéliste fait de Isaïe 7,14 car elle est non seulement mère du Messie, mais aussi descendante d’Abraham, son ancêtre dans la foi. Elle est vierge au chapitre un et mère au chapitre deux. À travers elle, Jésus est d’ascendance juive, mais également davidique à travers l’accueil fait par Joseph à Marie et à l’enfant à venir.

Matthieu a complété ce que Paul avait ébauché dans ses lettres, à savoir le portrait de judaïcité de Jésus et de sa mère Marie. Tout ce à quoi Paul avait fait allusion et ce que Marc avait rapporté se trouve désormais assumé par Matthieu dans une tradition biblique développlée.

Matthieu présente Jésus comme l’accomplissement de ce que l’évangéliste perçoit comme étant le but des Écritures juives. Il recourt aux formules d’accomplissement et aux textes de l’Ancien Testament plus fréquemment que les trois autres évangélistes. Son insistance sur Jésus en tant que Messie parcourt non seulement les récits de la naissance et de l’enfance de Jésus, mais aussi ceux de son ministère public et des mystères pascals.

De la sorte, Matthieu nous a préparés à la prochaine étape du développement christologique et marial. Il a parlé avec révérence de la Mère du Messie. Il a planté le décor pour Luc qui va donner la parole à Marie elle-même.

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Le portrait de Marie – la Mère de Jésus – par Luc (80-90 ap. J.C.)

L’Évangile de Luc et les Actes des Apôtres nous fournissent le cadre essentiel pour commencer une authentique étude de Marie. L’Évangile est une proclamation centrée sur le Christ adressée aux croyants chrétiens de tous les temps. Marie, la mère du Seigneur, est avant tout une croyante qui a été présente à Jésus bébé, enfant, adolescent et adulte, dès sa conception.

Elle continue d’être une croyante après la mort et résurrection de Jésus, et elle est présente lorsque la promesse de l’Esprit Saint faite par Jésus est remplie à la Pentecôte. Il n’existe aucune autre personne qui ait eu une relation si étroite avec Jésus tout au long de sa vie et de celle de l’Église.

Luc 1,26-38 : Le récit de l’Annonciation.

26Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, 27à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie. 28Il entra et lui dit : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » 29 À cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. 30Et l’ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. 31Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. 32Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; 33il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n’aura pas de fin. » 34Mais Marie dit à l’ange : « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ? » 35 L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. 36Et voici qu’Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile ; 37car rien n’est impossible à Dieu. » 38Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole ! » Et l’ange la quitta.

· Luc 1,39-45 : Marie visite Élisabeth.

39En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. 40Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. 41Et il advint, dès qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint. 42Alors elle poussa un grand cri et dit : « Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! 43Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » 44Car, vois-tu, dès l’instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein. 45Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! »

Luc 1,46-56 : Le Magnificat, le chant de Marie.

46Marie dit alors :

47« Mon âme exalte le Seigneur,

et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur,

48parce qu’il a jeté les yeux sur l’abaissement de sa servante.

Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,

49car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses.

Saint est son nom,

50et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

51Il a déployé la force de son bras,

il a dispersé les hommes au cœur superbe.

52Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles,

53Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.

54Il est venu en aide à Israël, son serviteur,

se souvenant de sa miséricorde,

55selon qu’il l’avait annoncé à nos pères –

en faveur d’Abraham et de sa postérité à jamais ! »

56Marie demeura avec elle environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Luc 2,1-7 : La naissance de Jésus.

1Or il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité. 2Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. 3Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. 4Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s’appelle Bethléem, – parce qu’il était de la maison et de la lignée de David – 5afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. 6Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. 7Elle enfanta son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’ils manquaient de place dans la salle.

Luc 2,8-20 : Les bergers et les anges.

8Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit. 9L’Ange du Seigneur se tint près d’eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté ; et ils furent saisis d’une grande crainte. 10 Mais l’ange leur dit : « Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : 11aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. 12Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. » 13Et soudain se joignit à l’ange une troupe nombreuse de l’armée céleste, qui louait Dieu, en disant :

14« Gloire à Dieu au plus haut des cieux

et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance ! »

15Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître. » 16Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. 17Ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait dit de cet enfant ; 18et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. 19Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. 20Puis les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé.

Luc 2,21-40 : Jésus reçoit son nom et est présenté au Temple.

21Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception.

22Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, 23selon ce qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, 24et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. 25Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. 26Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. 27Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, 28il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit :

29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole,

laisser ton serviteur s’en aller en paix ;

30car mes yeux ont vu ton salut,

31que tu as préparé à la face de tous les peuples,

32lumière pour éclairer les nations

et gloire de son peuple Israël. »

33Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. 34Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, – 35et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! – afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. »

36Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge, Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, 37elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait plus le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. 38Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

39Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. 40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui.

Luc 2,41-52 : L’enfant Jésus au Temple.

41Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. 42Et lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent, comme c’était la coutume pour la fête. 43Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. 44Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. 45Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche à Jérusalem.

46Et ila advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; 47et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence te de ses réponses. 48À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons angoissés. » 49Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez- vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » 50Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire.

51Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. 52Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Luc 8,19-21 : La vraie parenté de Jésus (cf. Matthieu 12,46-50 et Marc 3,31-35).

19Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l’aborder à cause de la foule. 20On l’en informa : « Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. » 21Mais il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »

Luc 11,27-28 : La vraie béatitude.

27Or il advint, comme il parlait ainsi, qu’une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : « Heureuse les entrailles qui t’ont porté et les seins que tu as sucés ! » 28Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu l’observent ! »

Actes 1,12-14 : Résumé lucanien et dernière mention lucanienne de Marie.

12Alors, du mont des Oliviers, ils s’en retournèrent à Jérusalem ; la distance n’est pas grande, celle d’un chemin de sabbat. 13Rentrés en ville, ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient habituellement. C’étaient Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe et Thomas, Barthélémy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée et Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. 14Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus et avec ses frères.

Il devrait être évident que l’Évangile de Luc et les Actes nous fournissent le cadre essentiel où débuter une étude authentique de Marie (mariologie). Cet Évangile n’est pas mariolâtre, mais une proclamation centrée sur le Christ adressée aux croyants de tout temps. Marie, la mère du Seigneur, est d’abord une croyante qui a été avec Jésus de sa conception à sa naissance, son enfance, son adolescence, jusqu’il soit devenu adulte. Elle continue d’être une croyante après la mort de son fils et est présente lorsque la promesse de l’Esprit faite par Jésus est réalisée à la Pentecôte. Aucune autre personne n’a jamais eu une relation aussi étroite avec Jésus à toutes les étapes de sa vie et de son Église. Luc nous a fait part des mystères joyeux et douloureux au travers de cette croyante. C’est à la Pentecôte qu’elle entre dans le mystère de gloire du Seigneur Ressuscité qui est à jamais fidèle à ses promesses. C’est à partir la perspective de Luc que toute étude de Marie devrait commencer car il est le seul évangéliste qui, selon son propre objectif theologique, ait developpé ce portrait de Marie en tant que femme de foi qui parle, prie et écoute au nom de son fils Jésus.

Présentation comparée de Matthieuu, Marc et Luc sur Marie et la parenté de Jésus

Matthieu 12,46-50

46Comme il parlait encore aux foules, voici que sa mère et des frères se tenaient dehors, chechant à lui parler.

[47Voici ta mère et tes frères qui se tiennent dehors et cherchent à te parler.]

48À celui qui l’en informait Jésus répondit : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? »

49Et tendant sa main vers ses disiciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères.

50Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère. »

Marc 3,32-35

31Sa mère et ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils le firent appeler.

32Il y avait une foule assise autour de lui et on lui dit : « Voilà que ta mère et tes frères et tes sœurs sont là dehors qui te cherchent. »

33Il leur répond : « Qui est ma mère ? Et mes frères ? »

34Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères.

35Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère. »

Luc 8,19-21

19Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l’aborder à cause de la foule.

20On l’en informa : « Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. »

21Mais il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique.

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L’Évangile de Jean et la Mère de Jésus (85-100 ap. J.C.)

Le texte de Jean nous renseigne sur certains des événements de la de Jésus, de ses disciples et de sa famille. Il contient aussi des souvenirs de traditions sur Jésus, ses disciples et sa famille qui ne sont rapportées nulle part ailleurs. Le texte de Jean est ainsi de première importance car il fonde l’Incarnation en rappelant que Jésus est vraiment le Fils de Dieu.

Jean 1,13-14 : Né(s) de Dieu ; l’Incarnation.

13Eux qui ne furent engendrés ni du sang,

ni d’un vouloir de chair,

ni d’un vouloir d’homme,

mais de Dieu.

[Dans plusieurs anciens manuscrits latins, le texte est :

Lui qui ne fut engendré ni du sang,

ni d’un vouloir de chair,

ni d’un vouloir d’homme,

mais de Dieu].

14Et le Verbe s’est fait chair

et il a campé parmi nous,

et nous avons contemplé sa gloire,

gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré,

plein de grâce et de vérité.

Jean 2,1-12 : Les noces de Cana.

1Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était. 2Jésus fut aussi invité à ces noces, ainsi que ses disciples. 3Et ils n’avaient pas de vin , car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » 4Jésus lui dit : « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée. » 5Sa mère dit aux servants : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

6Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune d’eux deux ou trois mesures. 7Jésus leur dit : « Remplissez d’eau ces jarres. » Ils les remplirent jusqu’au bord. 8Il leur dit : « Puisez maintenant et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. 9Lorsque le maître du repas eut goûté l’eau devenue vin – et il ne savait pas d’où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l’eau – le maître du repas appelle le marié 10et lui dit : « Tout homme sert d’abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent ! » 11Cela, Jésus en fit le commencement des signes à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. 12Après quoi, il descendit à Capharnaum, lui, ainsi que sa mère et des frères et ses disiciples, et ils n’y demeurèrent que peu de jours.

Jean 6,42 : Jésus le fils de Joseph.

42Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? »

Jean 7,3-5 : L’incroyance des frères de Jésus.

3Ses frères lui dirent donc : « Passe d’ici en Judée, que tes disciples aussi voient les œuvres que tu fais : 4on n’agit pas en secret, quand on veut être en vue. Puisque tu fais ces choses-là, manifeste-toi au monde. » 5Pas même ses frères en effet ne croyaient en lui.

Jean 7,41-43 ; 8,41 : Débat sur les origines.

741 D’autres disaient : « C’est le Christ ! » Mais d’autres disaient : « Est- ce de la Galilée que le Christ doit venir ? 42L’Écriture n’a-t-elle pas dit que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village où était David, que doit venir le Christ ? » 43Une scission se produisit donc dans la foule, à cause de lui.

841 « Vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ; nous n’avons qu’un seul Père : Dieu. »

Jean 19,25-28 : Marie et le disciple bien-aimé au pied de la Croix.

25Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. 26Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici to fils. » 27Puis il dit au disicple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disiciple l’accueillit chez lui.

28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit : « J’ai soif. »

Le texte de Jean nous rapporte, d’une manière spéciale, certains événements historiques de la vie de Jésus, de ses disciples et de sa famille. Il y a des épisode, dans Jean, qui sont semblable à ceux trouvés dans les Synoptiques, mais il y a aussi des textes concernant des actes et des paroles de Jésus qui sont indépendants des Synoptiques et qui permettent une contemplation profonde de Jésus et de ceux qui l’entourent. Cela est dû au fait que Jean est le dernier des Évangiles. Il y fait ainsi mémoire de traditions concernant Jésus, ses disciples et sa famille qui ne sont pas rapportées ailleurs. Le texte de Jean est d’une importance cruciale pour ce qui est de fonder l’Incarnation et d’élaborer la christologie la plus élevée du Nouveau Testament.

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La vision de l’Apocalypse

Pour appréhender la vision d’une femme vêtue du soleil, avec la lune à ses pieds, il faut situer le texte par rapport au contexte qui précède. Ce dernier décrit le septième ange soufflant dans sa trompette, un des temps forts de la vision offerte au voyant (Jean, l’Ancien). La portée messianique du texte est claire :

Apocalypse 11,15-19 : Le septième ange.

15Et le septième ange sonna… Alors au ciel, des voix clamèrent : « La royauté du monde est acquise à notre Seigneur ainsi qu’à son Christ ; il règnera dans les siècles des siècles. » 16Et les vingt-quatre Vieillards qui sont assis devant Dieu, sur leurs sièges, se prosternèrent pour adorer Dieu en disant :17 « Nous te rendons grâce, Seigneur, Dieu Maître-de-tout, “Il est et Il était”, parce que tu as pris en main ton immense puissance pour établir ton règne. 18Les nations s’étaient mises en fureur ; mais voici ta fureur à toi, et le temps pour les morts d’être jugés ; le temps de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints, et ceux qui craignent ton nom, petis et grands, et de perdre ceux qui perdent la terre. »

19Alors s’ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d’alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru…

Dans cette scène, jugement et salut sont tous deux annoncés. À la lumière de ce qui suit dans la vision de la femme, nous sommes conduits à comprendre que l’ultime victoire eschatologique du Messie est à venir, mais que, en même temps, la mort de Jésus sur la Croix est la réelle victoire sur les forces du mal. Un peu à la façon de l’eschatologie à la fois déjà réalisée et encore à venir de l’Évangile de Jean, le live de l’Apocalypse contemple la mort de Jésus et y voit, déjà accomplie, la victoire ultime sur tout péché et sur la mort.

Dans la scène du septième ange, c’est le dernier verset qui introduit le passage de la femme vêtue du soleil. Le verset 19ci-dessus décrit la révélation de Dieu à travers l’arche d’alliance. Le symbole est repris de l’Ancien Testament et incorporé dans la nouvelle révélation après que celui qui a été transpercé est célébré le dimanche, Jour du Seigneur (cf. Ap. 1,7.10). Cette révélation de Dieu et de l’arche d’alliance est alors complétée par la vision de la femme représentant ceux qui suivent fidèlement le vrai témoin de Dieu, à savoir Jésus le Messie. Au chapitre21, la femme sera le symbole de la nouvelle Jérusalem, l’épouse céleste. Là, elle est unie à Dieu et à ceux qui sont enfants de Dieu au moyen de la promesse de l’alliance « Je serai leur Dieu et ils seront mes enfants » (cf. Ap 21,7). Il est bon de se souvenir que ces visions se recoupent et se complètent les unes les autres. Les sept sceaux et les sept trompettes – et peut-être toute référence au chiffre sept – contribuent à unifier l’expérience visionnaire du voyant. C’est à ce moment qu’a lieu la vision de la femme et du dragon :

Apocalypse 12,1-18 : La Femme et le Dragon.

1Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; 2elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. 3Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge-feu, à sept tête et dix cornes, chaque tête surmontée d’un diadème. 4Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né. 5Or la femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer ; 6et son enfant lui fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône, tandis que la Femme s’enfuyait au désert, où Dieu lui a ménagé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours.

7Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges, 8mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. 9On le jeta donc, l’énorme Dragon, l’antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l’appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses Anges furent jetés avec lui. 10Et j’entendis une voix clamer dans le ciel : « Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la domination à son Christ, puisqu’on a jeté bas l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. 11Mais eux l’ont vaincu par le sang de l’Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu’à mourir. 12Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés. »

13Se voyant rejeté sur la terre, le Dragon se lança à la poursuite de la Femme, la mère de l’Enfant mâle. 14Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu’au refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d’un temps. 15Le Serpent vomit alors de sa gueule comme un fleuve d’eau derrière la Femme pour l’entraîner dans ses flots. 16Mais la terre vint au secours de la Femme : ouvrant la bouche, elle engloutit le fleuve vomi par la gueule du Dragon. 17Alors, furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus.

18Et je me tins sur la grève de la mer.

Remarques exégétiques.

La tradition catholique a développé deux interprétations du chapitre 12 de l’Apocalypse. L’une voit dans la femme l’image de l’Église, l’autre, l’image de Marie, la mère du Messie. Certains exégètes ne voient que la dimension ecclésiale de ce passage ; d’autres, que la dimension mariale ; d’autres enfin voient dans la combinaison des deux dimensions le symbole de la Jérusalem céleste.

D’un côté, la femme représente Israël (la Fille de Sion), la nation d’où provient le Messie (cf. Isaïe 66,7 où Israël attend la naissance du Messie). L’auteur de l’Apocalypse, un juif devenu chrétien, « christianise » les passages et images qui dépeignent Israël. La femme devient alors l’Église, autrement dit l’accomplissement d’Israël, laquelle, tel l’Israël originel, est la mère de ceux qui sont fidèles à Dieu. Elle est en proie aux tribulations, mais reçoit l’aide de Dieu contre son adversaire, le dragon. La prostituée des chapitres 17-18 pourrait, par opposition, figurer la communauté qui a abandonné la foi et s’est alliée à l’ange déchu.

D’un autre côté, des commentateurs et pasteurs médiévaux, ainsi que des exégètes et mariologues contemporains, voient en Marie la Femme et le modèle de l’Église de ce passage. Marie est la fille de Sion, expresison de la quintescence de l’ancien Israël, communauté de foi et d’obéissance, attendant la venue du Messie, communauté au sein de laquelle le Messie est né. Marie est aussi expression de la quintescence du nouvel Israël, peuple de ceux qui croient et sont justifiés en raison de leur foi, de ceux qui obéissent à la parole de Jésus et qui souffrent en témoignant de lui.

Voici quelques brêves remarques sur certains verset de ce chapitre 12 :

V. 1 : La femme est un heureux signe pour la communauté croyante car elle apparaît au plus haut des cieux alors que le péché se situe dans les abysses ou dans les régions inférieures. Elle est l’antithèse de la prostituée et, en tant que symbole, aussi parlante et importante que l’Agneau. Le soleil figure peut-être Dieu et est un rempart ou une protection entourant la femme qui représente la communauté ou l’Église.

V. 2 : L’expression « elle est enceinte » (en grec, en gastri echousa) est appliquée à Marie en Matthieu 1,18.23. L’expression « dans les douleurs » (en grec, basanizome) se trouve aussi en Jean 16,19-22 et en Isaïe 66,7. La naissance ainsi signifiée est quelque chose de plus qu’une naissance biologique.

v. 3 : Le dragon rouge-feu est un symbole de meurtre et de persécution. La Mishna considère le dragon comme étant l’œuvre de l’idolâtrie. L’auteur de l’Apocalypse l’identifie au Diable et à l’ancien serpent.

V. 4 : Le verbe « balayer » révèle la dimension colossale de ce monstre marin.

V. 5 : Il n’y a pas de référence à la virginité de la femme, ni au fait que son enfant mâle soit un premier-né.

V. 14 : « Un temps et des temps et la moitié d’un temps » rappelle les 42 mois (1 temps + 2 temps + ½ temps = 3 ½ temps x 12) des 1260 (42 x 30) jours du verset 6. Cela nous renvoie à la façon dont Matthieu subdivise sa généalogie en Matthieu 1,1-17, où on dénombre 3 x 14 générations. De même qu’il y a eu 42 générations symboliques avant la venue du Messie, de même il y en aura 42 autres jusqu’à son retour.

V. 17 : Seuls ce passage et Genèse 3,15 insistent autant sur la descendance de la femme.

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